Lili Em : "Des chansons tintées de tout ce que je vis, de ce qui m'imprègne dans le monde"
L'autrice compositrice interprète clermontoise sera en concert à La Coopérative de mai le 29 mai à l'occasion de la sortie de son nouvel EP "Au lendemain" avec Nicolas Driot et Coco Macé en 1re partie.
Lili, à quand remonte votre passion pour l'écriture ?
À l'adolescence, c'était dans une sphère privée mais j'étais encouragée à la faire vivre. Le déclic est venu avant le Covid et je devais faire mes premiers concerts mais le confinement est arrivé et c'est pour ça que j'ai utilisé mes réseaux.
On peut dire que ces dernières années vous ont mise dans la lumière ?
Oui, c'est vrai. Fin 2024, La Coopérative de mai m'a donné l'opportunité d'ouvrir pour Clara Ysé. J'ai également fait les 1res parties de Renand Luce à l'Avan. C de Royat et à La Puce a l'oreille de Riom avant Christian Olivier. Grâce à cela et à l'EP réalisé, j'ai signé avec un label début 2025. J'ai également fait la première partie de Véronique Sanson au Zénith d'Auvergne en novembre dernier.
Vous avez fait beaucoup de Tremplin dans la région comme au Sémaphore, et ailleurs. Cela sert aussi ?
Cela permet d'avoir de la visibilité hors région, cela permet de tisser des liens. D'ailleurs, on va peut-être retourner jouer à Avignon cet été. Cela permet de montrer ce que l'on fait au public et de constituer une petite base qui est devenue fidèle sur la région.
En faisant les premières d'Arthur H ou Christian Olivier, le chanteur des Têtes raides on apprend aussi ?
Ils me partagent leur expérience, ils donnent des conseils et après ce sont des graines qui sont semées et cela peut donner des fruits plus tard, sous une forme ou une autre. Ce sont des rencontres qui m'enrichissent à chaque fois car les publics de Véronique Sanson ou d'Arthur H sont des publics très attentifs et portés sur le texte. Ce sont de véritables cadeaux pour moi de pouvoir se produire devant leurs publics. Des personnes qui m'ont découverte dans ce cadre-là me suivent tout le temps aujourd'hui. Car cela leur a parlé.
Là, 2026, ce n'est plus un tremplin, c'est une très belle année avec le Printemps de Bourges, Aurillac en scène, les Francofolies de La Rochelle et cette release party du 29 mai surtout !
Oui, c'est une très belle année avec beaucoup de fruits. À Aurillac je ferai la première partie d'Ebony, de Claudio Capéo et de Matt Pokora le 5 juin. J'ai beaucoup de gratitude pour toutes ces belles occasions, que je partage avec mes musiciens. Il y a un nouveau titre qui sort le 22 mai intitulé "Le dernier verre" et un nouvel EP probablement à l'automne. Et pour cette release party du 29 mai, avec Nicolas Driot et Coco Macé, ce sera une soirée pour les amoureux de la chanson et de la pop française aussi avec des univers singuliers et différents. Je suis très contente de ce plateau et de jouer à La Coopérative de mai. C'est une étape vraiment importante. Nous allons proposer une scénographie visuelle aussi puisque dans l'ADN de notre projet, il y a aussi cette partie esthétique visuelle avec des dessins que j'esquisse à mon niveau mais j'essaye d'esquisser les images que je peux avoir en écrivant. Et elles sont animées par des spécialistes. Quand c'est possible on propose cette scénographie pendant les concerts et ce sera le cas à La Coopérative de mai. C'est vraiment un spectacle immersif.
Vos musiciens ont une place importante aussi ?
Je suis accompagné de Fyfy, guitariste et bassiste et la batterie et M.A.O (musique assistée par ordinateur) Baptiste Onzon avec lesquels j'évolue depuis trois ans maintenant. Ce sont des musiciens qui travaillent avec Thomas Kahn et sur d'autres projets localement, car ils sont très bons.
Comment composez-vous vos musiques et vos textes ?
Je suis cueillie dans un instant, par un rêve, avec des mélodies. J'entends les mélodies et les rimes et après j'ai l'impression de les assembler comme un puzzle. Cela vient toujours parler très justement de quelque chose qui a été vécu récemment ou autre. C'est vraiment de l'inspiration. J'écris instinctivement, paroles et musiques toujours. J'ai besoin de cette fluidité. Quant au thème des chansons, je suis aussi cueillie, je ne décide pas vraiment mais c'est tinté de tout ce que je vis, de ce qui m'imprègne dans le monde. L'amour est un thème qui revient beaucoup mais aussi toutes les parts qui nous composent, d'espoir, de lumière, de positif, mais aussi des mondes plus obscurs et j'aime bien aussi les faire exister. Tout ce qui constitue nos êtres. C'est assez universel finalement. Chaque chose vient apporter sa petite touche. C'est un panel assez riche même s'il y a une esthétique très chanson avec le texte au cœur des attentions.
Le titre "Au lendemain", par exemple, montre la volonté de rendre ce qui est lourd léger et entraînant et de danser. Vivien Bouchet est le réalisateur, il a travaillé 2 ans sur cet EP. Il a un parcours assez riche, il était membre du groupe Kaolin. C'est ce qui m'a plu aussi. On retrouve un peu ces arpèges de guitare, cela me plaisait beaucoup. Il a aussi travaillé avec Zazie et Étienne Daho. On s'est bien entendus et ce qu'il me proposait collait très bien à mes chansons.
Dans cet album, on trouve une reprise de la Mano Negra quand même... "Pas assez de toi"...
C'était mon plaisir personnel. Je n'ai pas eu la chance de les voir sur scène mais quand j'ai découvert cette musique j'ai trouvé cela absolument génial. J'aimais beaucoup l'esprit de ce titre et depuis plusieurs années, j'avais envie d'en faire une version "femme". Et je me suis dit que c'était approprié musicalement avec toutes les guitares qui sont présentes dans ce premier projet en tout cas. Elle a reçu un bel accueil et a été "validée" par un des membres de la Mano Negra. C'est une autre façon d'aborder les ruptures. Il y a cette petite surprise sur l'EP qui avait sa place car dans mes influences, il y a la chanson, tout ce que j'ai écouté et la Mano Negra en faisait partie.
Billets de 5 à 10 euros sur www.lacoope.org. Au PIC le 18 juin, en duo avec Fyfy.



0 commentaires