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Le textile s'expose en « Beauté(s) » au MARQ

09h25 - 08 juillet 2026 - par Info Clermont Métropole
Le textile s'expose en « Beauté(s) » au MARQ
Zoulikha Bouabdellah, Silence Bleu;  Algérie, 2008, Tapis de prière et talons aiguilles ADAGP. - © © A. Mayeur

Jusqu'au 10 janvier 2027, le Musée d'art Roger-Quilliot (MARQ) accueille la Biennale textile, rendez-vous dédié à la création textile contemporaine. Pour cette édition 2026-2027, un partenariat majeur est noué avec le Musée d'ethnographie de Genève. Intitulée « Beauté(s) », cette édition propose une réflexion ouverte et plurielle autour de la notion de beauté, envisagée dans la diversité des cultures, des regards et des formes artistiques.

30 artistes internationaux, 14 nationalités différentes, 39 textiles patrimoniaux... l'édition Beauté(s) de 2026-2027 marque un tournant : après sept ans au musée Bargoin, l'exposition internationale s'installe au musée d'art Roger-Quilliot, à Montferrand, et propose une mise en lien avec ses collections d'art européen et de textiles ethnographiques extra-européens.

L'exposition internationale, cœur de la Biennale, s'inscrira dans une programmation riche (installations, ateliers, rencontres, ...). Elle réunira des œuvres textiles contemporaines et patrimoniales provenant des cinq continents, en écho aux collections du MARQ et du Musée d'ethnographie de Genève (MEG).

Créée en 2012 sous le nom de Festival International des Textiles Extra ordinaires (FITE), la Biennale textile de Clermont-Ferrand est un événement pionnier en France, né d'un partenariat associant HS_Projets, la Ville et la Métropole. Depuis plus de 14 ans, elle met en lumière les artistes contemporains du monde entier qui utilisent le textile comme support d'expression.

Ancrée à Clermont-Ferrand, la Biennale s'ouvre cette année à une cartographie des lieux textiles patrimoniaux en Auvergne-Rhône-Alpes, et à Aubusson. Ce déploiement régional n'empêche pas la poursuite de l'exploration clermontoise, dans un esprit curieux et ouvert aux collaborations futures.

Dialogue inédit

Ce changement de lieu permet un dialogue inédit entre la création contemporaine et les collections permanentes de l'institution, mêlant beaux-arts européens et textiles ethnographiques extra-européens.

À ce nouvel environnement s'ajoutent également les collections ethnographiques du partenaire international de cette édition ; le MEG, Musée d'ethnographie de Genève. L'histoire du textile n'a jamais été qu'une histoire locale. Elle a toujours vécu de relations, de dialogues, d'inspirations, d'influences et d'échanges au long cours.

Sous le commissariat de HS_Projets (Simon Njami, Christine Athenor, Thomas Leveugle), du musée d'art Roger-Quilliot (Christine Bouilloc) et du Musée d'ethnographie de Genève (Nelly Pontier), cette édition refuse une vision monolithique de la beauté.

Conjuguée au pluriel

« La beauté, c'est le contraire de la vision globalisante et d'un monde monolithique. Bien au contraire explique Simon Njami, commissaire de l'exposition. Sa définition se confond avec celle que Césaire avait choisie pour décrire l'universalisme : la somme de tous les particularismes. Dans un monde qui exacerbe les nationalismes et le repli sur soi, il nous a semblé que la seule manière de bâtir ce tout monde dont rêvait Edouard Glissant, est de conjuguer le mot beauté au pluriel de toutes les langues et de toutes les sensibilités. Et le textile semble le dictionnaire le plus approprié pour ça. Le textile ne se pense pas, il se tisse avec des fibres et des motifs venus du monde entier. Il nous introduit à cette beauté du monde dont nous disait Marguerite Yourcenar, l'empereur Hadrien voulait se faire le gardien. »

« Beauté(s) » propose une réflexion ouverte et plurielle autour de la notion de beauté, envisagée dans la diversité des cultures, des regards et des formes artistiques avec des œuvres textiles contemporaines et patrimoniales provenant des cinq continents.

« La beauté, dans le monde entier, est un idéal rappelle Simon Njami. Depuis l'esthétique de la Vénus hottentote, jusqu'aux vers ciselés d'un haïku en passant par les femmes des îles Marquises, chaque civilisation a su développer ses propres canons de beauté. Mais l'histoire d'un monde centralisé, ont rejeté toute forme de beauté extérieure dans les limbes de l'ethnographie. Ainsi le monde occidental sépara-t-il les beaux-arts des aspirations esthétiques ethniques. Notre monde a évolué et est bien plus vaste que celui qu'on nous présentait dans les siècles passés. Nous savons la beauté des monolithes de l'île de Pâques, des masques Nkissi ou Nô, des voix de têtes des moines tibétains, des polyphonies pygmées, des notes de blues de la Nouvelle-Orléans... La beauté n'est plus l'apanage d'une géographie ou d'une culture et nous sommes contraints, enfin, de regarder autour de nous avec d'autres yeux que ceux avec lesquels nous avons été élevés. »

Après son édition en France en 2026, la Biennale sera présente en 2027 à Genève (Suisse) au MEG, le Musée d'ethnographie de Genève.

« L'édition Clermontoise entend explorer cette beauté du monde, dans tous les coins où l'on ne pense pas la trouver concluait Simon Njami. Elle entend ouvrir à d'autres sensibilités et d'autres esthétiques. Elle entend inviter les spectateurs à voir, selon les mots d'Arthur Rimbaud, ce que quelques fois l'homme a cru voir. »

Entrée libre. Visite commentée de l'exposition par un guide conférencier les 26 juillet, 23 août et 27 septembre à 15h. 10,5 et 9,5 euros. Gratuit U18 ans. 04 43 76 25 25. accueil.marq@clermontmetropole.eu

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