Sandrine Sarroche : « On rigole aussi bien de ce qui vient de gauche que de ce qui vient de droite. »
Après le succès de « La Loi du Talon », Sandrine Sarroche revient le samedi 28 mars à 20 h 30 à la Maison de la culture avec de nouveaux sketchs, de nouvelles chansons, de nouveaux personnages plus hilarants que jamais. Entretien.
Comment se passe cette tournée avec ce nouveau spectacle que vous aimez appeler « éponyme » ?
Il y a un très bel accueil partout et à chaque fois c'est un retour formidable des gens : « cela m'a fait un bien fou et cela faisait longtemps que je n'avais pas autant rigolé. » Ça, ça me fait plaisir.
Ce spectacle est né suite à une invitation d'un groupe de psychiatres pour les divertir au milieu de leur après-midi de travail ?
Oui, je les avais tous sous la main. Il y avait aussi des psychologues et des psychanalystes. On a beaucoup discuté et on avait des points communs. On fait un peu le même métier. Car souvent ils me disent qu'ils conseillent à leurs patients d'aller voir des humoristes ou des films drôles, de rigoler. C'est à la fois une soupape de décompression et une façon de se protéger. J'avais déjà cette envie de faire du bien, bien sûr, mais cela a orienté pas mal de mes nouveaux sketchs comme le dernier où je dis : « je suis allé voir un psy. Pas pour moi mais pour vous ». Et je leur chante une chanson sur la dépression et les angoisses de mort. C'est ce qui nous est commun à tous, cette peur de la mort, avouée ou pas et cette peur de tomber dans la dépression.
C'est une thérapie de groupe vos spectacles ?
Oui c'est un peu ça. J'ai toujours à cœur que les gens repartent avec quelque chose comme quand les gens s'en vont d'un mariage ou d'une communion avec un petit paquet de dragées, une petite douceur. Et bien là c'est repartir avec des pensées, des images ou des phrases, un air, une chanson qui rappellent aux gens des moments vécus de leur vie. Même si le moment est traumatisant, difficile dans la vie d'une personne, si on arrive à faire dégonfler cette bulle, en se disant, « finalement, ce n'est pas si grave, cela pourrait être pire », c'est pas mal déjà.
Vous avez fait beaucoup de choses dans votre carrière : imitations, parodies, chansons. Vous êtes aussi chroniqueuse dans les médias. Qu'est-ce que l'on peut voir dans ce spectacle ? Un peu tout ça à la fois ?
Oui c'est très éclectique. Il y a une partie de sketchs, des chansons, du stand-up et puis à la fois des chansons originales ou détournées que je continue de faire dans mes chroniques télé. Car les chroniques télé se nourrissent du spectacle et inversement. C'est pour ça que ce spectacle est difficile à résumer. C'est assez riche. Il faut le voir.
Comment préparez-vous vos sketchs ? Le contact avec différents médias vous a aidé en puissant dans l'actualité ?
Je prends des notes, je lis effectivement beaucoup quand d'autres humoristes vont dans des cafés et observent. Mes lectures m'inspirent, j'ai des centaines de carnets remplis de phrases. Je collecte les phrases, je suis un collecteur de phrases.
On retrouve un peu l'essence des brèves de comptoirs avec des petites piques qui touchent tout le monde mais avec de la bienveillance ?
Oui, il y a toujours l'envie de soulever des incohérences de notre monde. ce qui fait que régulièrement on se dit que l'on va devenir fou. Tout en essayant de ne pas être une donneuse de leçon ni de devenir un Pamphlétaire comme certains. Nous, car j'ai des coauteurs, nous avons à cœur de ne pas tomber dans ces travers-là et de dénoncer aussi bien ce qui vient de gauche que ce qui vient de droite.
Certains humoristes n'abordent plus l'actualité...
Certains disent ne pas l'aborder mais ils l'abordent quand même. Le mieux c'est de rigoler sinon c'est désespérant.
Est-ce que vous changez beaucoup de choses d'une ville à une autre ?
Non. En revanche, j'essaye toujours de personnaliser le spectacle en fonction de l'endroit où je suis. Je me laisse toujours des marges d'improvisation, surtout dans la dernière partie qui est plus politique. Il m'est arrivé, à Toulouse, d'éplucher la presse locale et on a bien rigolé. Il y a toujours des choses drôles malgré tout dans les faits divers ou le traitement de l'information. Dans La Dépêche du midi, il y avait un sujet sur « où acheter les lunettes de Macron ? »... Il y a de toute façon quelque chose de très affectueux entre le public et moi.
Vous avez aussi chanté dans les brigands d'Offenbach, une opérette ?
C'était une chance extraordinaire de chanter sur 18 représentations à l'Opéra Garnier. Mais ce que je dis tout le temps, c'est que je ne m'interdis rien. En fonction des propositions. Je suis éligible aux Molière, je ne sais pas si je serai nommée mais c'est déjà chouette. Il faut aussi se donner la peine d'écrire, d'entreprendre des projets. C'est à la fois compliqué et très simple.
Qu'est ce qui vous reste de votre passé de juriste ? L'éloquence ?
Plus que l'éloquence, c'est une façon de réfléchir quand on écrit. Et aussi un souci de précision. Le juridique c'est de la précision et l'humour aussi. Le rire c'est une mécanique très précise. C'est instinctif mais c'est sûr que c'est de la précision.
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