Yannick Cartailler du Réveil clermontois : "récréer du commerce de proximité, rue du Port et ailleurs"
Les dimanches 15 et 22 mars, les Clermontois sont appelés aux urnes pour élire leur nouveau maire. Entretiens avec les 6 candidats. Aujourd'hui, Yannick Cartailler du "Réveil clermontois", sans étiquette.
Comment se passe cette campagne ?
Nous étions peu au départ mais avec la dégradation du cadre de vie, des personnes nous ont rejoints. Et en échangeant, on voulait essayer de proposer quelque chose et d'essayer des choses plutôt que d'être dans la critique. C'est comme ça que le Réveil clermontois est né. Avec une certaine défiance envers le système politique national mais aussi sur les enjeux locaux qui ne servaient plus l'intérêt général. Avec un double constat que le système partisan n'apportait plus à l'intérêt commun et que nous avions une dégradation du cadre de vie. C'est peut-être le moment d'agir. C'est le message que nous avons fait passer à pas mal de Clermontois lors de nos rencontres et ils étaient plutôt en accord avec ce double constat. Pas mal de personnes nous ont rejoints dont beaucoup sont engagés et actifs.
Quel est l'ADN de votre liste ?
Ce sont des citoyens résidants clermontois. On a voulu faire un "puzzle", une liste représentative de cette ville avec des personnes de tous les âges et de tous les horizons professionnels. Issus des domaines de la santé, de l'entreprise, de l'enseignement, avec des artisans, des retraités et des étudiants… Et qui viennent de tous les quartiers de la ville. Avec une liste de personnes dans l'ADN du Réveil clermontois pour reconnecter les gens. Car on se rend compte qu'il y a beaucoup de clivages, beaucoup d'agressivité. C'est entretenu par le système politique partisan. Les gens sont moins connectés entre eux. On veut les regrouper sur ces valeurs d'intérêt commun et travailler ensemble ce qui n'était pas forcément évident au départ. On est passé par des hauts et des bas mais on a été agréablement surpris. Au Réveil on peut tous se mettre autour de la table et tout se dire pratiquement. L'idée c'est d'aller au-delà des idées différentes mais l'intérêt commun est là et on va vers cet intérêt.
Qu'est-ce que vous avez de Clermontois en vous ?
Je suis un produit du territoire (sourires). Je viens de la campagne, du Livradois, avec des grands-parents sur Puy Guillaume et sur Lezoux. Je suis très attaché au territoire avec un grand sens terrien. Naturellement, je suis venu faire mes études à Clermont-Ferrand à Blaise Pascal, avec une prépa HEC puis j'ai passé 6 ans de ma jeunesse ici. C'est mon premier attachement avec ma ville. Grâce à l'école de commerce j'ai pu partir en dehors de Clermont-Ferrand, à l'étranger comme commercial en logistique. J'ai passé 12 ans en Chine et je suis revenu à Clermont il y a 6 ans. L'évidence du retour en Auvergne, c'était Clermont-Ferrand. Je travaille Place Delille à côté de Notre Dame du Port avec une partie de mon activité professionnelle sur Thiers puisque nous avons créé plusieurs entreprises dans le domaine du couteau et des arts de la table. Et je donne des cours à l'école de commerce dans le cadre de la transmission.
Qu'est ce qui vous plaît dans cette ville ?
C'est mon lieu de vie, de travail. C'est un endroit où je ressens des énergies positives. Le cœur de ville ou historique me fait particulièrement vibré et parfois un peu de peine aussi. Actuellement, il y a pas mal d'activités qui disparaissent. C'est là que se trouvent les énergies d'une ville. Et puis ce qu'il y a autour de Clermont-Ferrand, cet écrin naturel, même jusqu'au Cantal, ce sont des vibrations fortes.
À l'inverse, est-ce qu'il y a des choses à corriger ?
Cela fait partie de l'un des premiers dossiers citoyens que l'on a mis sur la table : c'est le cœur de ville, le cœur de cité. En liaison avec les commerces car on est dans une situation compliqué à la fois à cause de problématiques nationales, avec des habitudes de consommation qui font que les gens se tournent plus sur internet que sur les achats physiques. Mais ce n'est pas inéluctable car il y a des villes qui s'en sortent mieux que d'autres. Et à Clermont la situation est encore plus complexe qu'ailleurs. C'est lié aux travaux que nous avons eus et à ce phénomène d'insécurité qui s'est déployé dans la ville. Du coup il y a moins de personnes qui viennent, qui consomment et donc font vivre le centre-ville. Quand le cœur d'une ville est affecté c'est tout son rayonnement qui est affecté. C'est un triste constat. Nous avons eu une consultation citoyenne sur ce sujet.
Qu'est-ce qui en ressort ?
Nous avons des experts nationaux et locaux qui ont travaillé sur ces sujets. Cela fait partie de notre programme que l'on veut mettre en œuvre pour redynamiser le centre-ville. L'approche est transversale. Comment de nouveau renforcer la sécurité au centre et créer de la logique dans les mobilités ? On ne va pas tout refaire mais on peut créer de la facilité pour certains accès à certaines personnes et à certaines voitures. Sur l'associatif comment on recrée les conditions pour avoir une force associative dans le centre-ville ? Avec un accompagnement d'un élu spécialisé au commerce sur ces sujets-là ou un manager de centre-ville qui peut cadrer les choses. Il y a plusieurs associations de commerçants qui ne travaillent pas forcément ensemble. On veut être le catalyseur pour créer les conditions à un redéploiement au sein de ces associations. Il faut récréer du commerce de proximité, rue du Port et ailleurs. Notre permanence est située avenue Charras et c'est assez symbolique. L'insécurité est contenue par la présence de la Police nationale en permanence. C'est contenu au moins même si ce n'est pas gagné. Entre la Place Delille et le marché Saint Joseph, un bel endroit, il y a sûrement un travail à réaliser sur ce quartier pour redynamiser l'ensemble.
Avez-vous un projet particulier pour la ville ?
Ce qui nous manque aussi à l'échelle locale, c'est une vision. J'ai découvert d'autres fonctionnements dans certains pays comme en Chine. Elle a une vision par rapport à son développement même s'il faut faire le tri. Ce qui est assez excitant à Clermont-Ferrand, c'est le déplacement de la ville qui va s'opérer dans les années qui viennent. Si on arrive à la tête de la ville c'est d'avoir un vrai projet urbanistique sur le développement côté nord-est de la ville avec un trait d'union que l'on souhaiterait favoriser entre Clermont-Ferrand et Montferrand. Avec un travail commun avec le plus gros acteur économique de Clermont-Ferrand qui fait partie de l'essence, Michelin, que nous avons rencontré. Ce n'est pas forcément fou mais c'est un sujet structurant de ce développement urbanistique de la ville en intégrant ce trait d'union. Autour de ça, le PIC, Les Pistes on a une volonté de recréer une connexion dans Montferrand qui n'existe plus. Avec le comité de quartier, revoir la Place de la Rodade et pouvoir retravailler l'existence du bâti historique.
Et sinon, avec le tramway on veut mettre en place du tram fret. Pouvoir à travers les lignes du tram, faire venir pour les commerçants locaux et les citoyens en général des produits en centre-ville avec une logique du "dernier kilomètre" et utiliser le tram pour transporter des marchandises afin de créer de la vie et du service pour les citoyens et les commerçants.
LA LISTE : M. Yannick CARTAILLER, Mme Catherine BOUTIN, M. Cherif BOUZID, Mme Paula RIBEIRO, M. Louis TOURY, Mme Celine PIRES, M. Raymond COLLET, Mme Evelyne MICHELET, M. Johan FALKOUSKA, Mme Iliana BRUNEL, M. Clement TRONQUAL, Mme Salima ALIOUI, M. Eric DESSERRE, Mme Carolane BERCIAUD-GAUTHIER, M. Chamseaddine MEFTAH, Mme Angelique LEHOUX, M. Quentin MAGNAUDET, Mme Laura PLAYA PARIENTE, M. Cedic OTHILY, Mme Delphine JOANNET, M. Pascal MARCHAND, Mme Sara HOSNI, M. Laurent COUSSONNET, Mme Anne BLANCON, M. Sylvain CREPET, Mme Josephine MARCHAND, M. Sylvain MOLETTE, Mme Angeline GUYOT-LENAT, M. Amine CHAABANE, Mme Sanaa BOULJIHAD, M. Charles ROUX, Mme Isabelle BAYSSAC, M. Lilian RODRIGUEZ, Mme Laetitia CREPET, M. Igor MOULIN, Mme Jeanne TRIBOUT, M. Laurent TEITGEN, Mme Laetitia ROUMAUD, M. Thierry DELBOS, Mme Rosa MONTEIRO, M. Kevin BERNILLON, Mme Erika VEREMES, M. Mourad ZARDAHI, Mme Isabelle LE MENAGER, M. Xavier JOIN, Mme Sandrine FAYOLLE, M. Alexandre HUGUES, Mme Elvira PEREIRA, M. Michel FOUGEROUX, Mme Anne ANDRÉ, M. Stephane ROUX, Mme Christelle SANTIA-ANDREWS, M. Marc SIERRA, Mme Delphine GARRACHON, M. Eric SAVY, Mme Caresse KOMBILA ONKRA, M. Jean-Pierre NOIR.
Réunion de fin de campagne le vendredi 13 mars à la Maison du peuple à 19 h 30.



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