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Julien Bony : "Notre police municipale n'est actuellement pas en mesure d'affronter les situations les plus dangereuses"

09h34 - 05 juin 2026 - par Info Clermont Métropole
Julien Bony :
Julien Bony, entouré de Gérald Sertelet (à gauche), 1er adjoint en charge de la sécurité et des policiers municipaux. - © GB

Le 3 juin, le maire de la ville a présenté le « Bouclier de sécurité » qui prévoit plus de policiers municipaux, équipés d'armes létales, plus de vidéosurveillance et l'installation de bornes d'appel d'urgence.

Vous avez présenté votre plan de sécurité. Avec une priorité aux conditions de travail des policiers qui seront désormais armés ?

C'est une nécessité pour tous les Clermontois mais aussi pour les policiers car ils doivent affronter des situations toujours plus dangereuses et il convient que leurs effectifs soient calibrés pour ne pas se sentir en vulnérabilité. Nous voulons recruter 100 policiers municipaux d'ici la fin du mandat pour faire passer les effectifs à 150 agents (La police municipale est composée de 50 agents sur 75 postes ouverts). Et c'est aussi une nécessité pour assurer de la présence et des interventions sur le terrain auprès des Clermontois. L'objectif est de pouvoir déployer l'armement à la fin de l'année ou au début de 2027 (Les policiers recevront des pistolets automatiques de 9 mm, sécure et simple d'emploi, a précisé Gérald Sertelet, 1er adjoint au maire en charge de la sécurité N.D.L.R.). L'objectif sur cette question de la tranquillité et de la sécurité publique c'est d'aller le plus vite possible. Je n'ai pas de tabous ni de calendrier sur lequel je devrais mettre des freins. Il faut aller le plus vite possible pour rétablir une situation qui s'est fortement dégradée.

Tous n'ont pas forcément envie d'être armés ?

Oui, ce sera sur la base du volontariat et après une solide formation évidemment. Il n'existe que huit villes en France où la police municipale n'est pas armée. On se situe dans cette catégorie très minoritaire que notre police municipale n'est actuellement pas en mesure d'affronter les situations les plus dangereuses. Nous voulons renverser cette tendance.

Cette annonce était prévue avant les incidents de la nuit du 30 mai au 1er juin. Cela vous conforte dans ces choix ?

Effectivement, et la délibération que nous allons passer au Conseil municipal du 19 juin était déjà travaillée mais les évènements des derniers jours nous montrent qu'il faut absolument muscler nos moyens et nos effectifs à Clermont-Ferrand. Le bilan de la finale 2025 avait été bien plus dur et en termes d'anticipation nous avons fait tout ce qu'il fallait avec les services de l'État. Il n'y a pas eu de failles car le dispositif travaillé avec la Préfecture a produit ses effets. Cela n'a pas empêché le zéro débordement mais sans ce dispositif, le bilan serait bien plus grave, au fond à la hauteur de celui de l'an dernier.

Vous avez parlé de tolérance zéro avec ce bouclier. La situation est si problématique que ça ?

L'atteinte à la tranquillité publique se traduit de différentes manières mais mises bout à bout, elle empoisonne la vie de nos concitoyens, avec des faits plus graves. Nous comptons être actifs, fermes et vigilants et mettre fin à l'impunité qui régnait dans cette ville. Nous serons toujours au soutien de nos forces de l'ordre. Il y a des espaces publics perdus, je ne vais pas en faire la liste, pour ne pas stigmatiser les personnes qui vivent dans ces endroits car c'est dur à vivre au quotidien et en termes d'image. Mais il y a un travail de reconquête à faire. Il faut que la patrouille de soirée puisse intervenir dans tous les quartiers ce qui n'est pas le cas aujourd'hui faute d'effectifs suffisants.

Quels arbitrages financiers faut-il faire pour financer ce « Bouclier » ?

C'est surtout une volonté politique. Aujourd'hui c'est 2 % du budget et nous voulons que la politique publique en matière de tranquillité publique atteigne 9 % du budget municipal. C'est la moyenne dans les villes où la sécurité n'est pas absente. C'est un engagement de campagne et il n'y a aura pas d'augmentation des impôts locaux, nous assumerons nos choix et nous faisons la chasse aux gaspillages. En fin d'année, nous serons en mesure d'annoncer la localisation du nouvel Hôtel de police. Nous travaillons avec nos services municipaux et ceux de la Préfecture pour faire en sorte que cela soit le plus fonctionnel pour nos agents et le plus pertinent pour favoriser la coopération avec les forces de l'ordre nationales.

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