Clermont-Ferrand ° C
jeudi

Marianne Maximi de Clermont, fière et solidaire, LFI : "La puissance publique d'une mairie doit protéger les habitants des crises"

17h38 - 05 mars 2026 - par Info Clermont Métropole
Marianne Maximi de Clermont, fière et solidaire, LFI :
Marianne Maximi, de "Clermont-Ferrand, fière et solidaire", députée de La France insoumise : "On sera au 2e tour ! Nous, on y va pour gagner !" - © DR CFS

Les dimanches 15 et 22 mars, les Clermontois sont appelés aux urnes pour élire leur nouveau maire. Entretiens avec les 6 candidats. Aujourd'hui, entretien avec Marianne Maximi de "Clermont-Ferrand, fière et solidaire", La France insoumise.

Comment se passe cette campagne ?

Globalement c'est une campagne qui se passe bien. L'accueil est très bon quand on se déplace en porte à porte ou même lors du meeting que nous avons fait mi-janvier avec 700 personnes. Cela vient de notre travail à l'échelle municipale mais aussi le fait que j'incarne une personnalité sérieuse. Six ans après, les gens me connaissent mieux et connaissent le travail que je peux mener à la Ville et à l'Assemblée nationale. Le contexte est dangereux, cela s'est accéléré avec les évènements de Lyon mais il y a une réaction des gens, et c'est plutôt du soutien. Nous sommes assez surpris, agréablement mais ce qui s'est passé à Lyon a permis une instrumentalisation politique de ces évènements et surtout la confirmation d'une bascule des partis politiques classiques vers une banalisation du Rassemblement national au détriment de LFI. Il y a eu un zoom déformant dans les médias nationaux car ce n'est pas ce que l'on ressent sur le terrain.

Quel est l'ADN de votre liste ?

L'esprit, c'est une liste construite à l'image de ce qu'est Clermont-Ferrand en laissant une grande place aux jeunes. Nous avons 17 candidats de moins de 30 ans. C'est une évidence dans une ville aussi étudiante. Même jeune, on peut faire de la politique sérieusement. Beaucoup sont engagés dans des associations ou des clubs sportifs. Nous avons des retraités, chevilles ouvrières du syndicalisme à Clermont-Ferrand. C'est très éclectique mais avec des personnes très engagées socialement. Je suis très fière de cette liste représentative de Clermont-Ferrand.

Qu'est-ce que vous avez de Clermontoise en vous ?

Je ne suis pas née ici comme beaucoup de candidats. J'essaye d'être en adéquation avec l'histoire de Clermont et de ses habitants. Je suis arrivée pour mes études et je n'en suis pas repartie. J'y ai construit ma vie de famille, ma vie professionnelle et politique. J'ai ses valeurs de solidarité, ce n'est pas pour rien que notre liste s'appelle "Clermont-Ferrand fière et solidaire". Je suis très fière d'être clermontoise. J'aime l'histoire de ma ville, son histoire ouvrière, son histoire issue de l'immigration et son histoire de résistance et de solidarité qui sont des valeurs que je défends aussi par ma candidature. J'aime la ville mais aussi cette chance de pouvoir aller dans la nature rapidement. Elle a les atouts d'une grande ville tout en ayant ce côté vie de quartier et cette échelle humaine. J'aime bien me promener, autant dans ses quartiers populaires, dans ma circonscription, qu'au jardin Lecoq comme beaucoup de Clermontois en famille. Sa vie culturelle, le festival du Court métrage, aller à La Coopé comme beaucoup de gens ici.

À l'inverse, y a-t-il des choses que vous n'auriez pas faites ?

Plein. Il y a un problème car certains maires se considèrent comme de grands bâtisseurs, font de grands projets qui vont parfois à contre-courant des besoins de la population. Je n'aurais pas fait l'agrandissement du stade Montpied. Je n'aurais pas mis 64 millions d'euros dans un projet qui n'est pas utile dans la vie quotidienne. Même pour le club et les supporters. Cela fait chère la place. Je ne parle pas de la Métropole en tant que telle, mais c'est la façon dont elle éloigne les habitants des lieux de décisions et rend très opaque ce qui s'y "joue". Je n'aurais pas non plus donné 6 millions d'argent public à Michelin pour faire un projet privé comme le projet Cataroux. Ceux qui bénéficient de cet argent public ne sont pas ceux qui en ont le plus besoin.

Je pense que Montferrand ne va pas stagner mais au contraire, je crains la spéculation foncière derrière. C'est ce que l'on voit dans d'autres villes avec d'autres modèles, de la gentrification et de la spéculation. J'ai peur que les classes populaires soient encore plus reléguées du centre-ville ou du centre de Montferrand. Il y a besoin d'une rénovation de Montferrand, l'espace public y a longtemps été délaissé, il suffit d'aller Place de La Rodade. Mais cela ne peut pas se faire au détriment des classes populaires. J'aimerais une ville avec une égalité entre les quartiers et donc entre ses habitants. L'échelle de la ville nous le permet mais il y a des quartiers relégués et stigmatisés comme on l'a vu après le départ d'Auchan Nord.

Quel serait votre projet pour la Ville ?

Le taux de pauvreté a progressé à Clermont-Ferrand et quand on fait du porte à porte, on écoute des réalités sociales graves. Certains font un repas par jour, avec des logements insalubres, plusieurs petits boulots… je suis convaincu que l'outil que l'on a avec une mairie et sa puissance publique, on peut combattre cette crise sociale en soulageant le pouvoir d'achat. On ne peut pas augmenter les salaires mais la gratuité des cantines c'est l'un des leviers pour soulager les familles et faire que les enfants mangent à leur faim au moins sur le temps scolaire. On ne pensait pas proposer une mesure comme celle-là en 2026 mais c'est la réalité. La puissance publique d'une mairie doit être utilisée pour protéger les habitants des crises écologiques comme économiques. On est obligés de déployer ces compétences sur d'autres sujets car il y a une défaillance et une austérité de l'État. Ce n'est pas le moment de faire de grands projets. Il y a beaucoup de services ou équipements de la Ville qui sont dans les mains des multinationales comme les réseaux de chaleur ou l'incinérateur. On veut rompre avec cette logique néolibérale et proposer des alternatives. On proposera un service public funéraire aujourd'hui verrouillé par deux multinationales qui fixent les prix entre elles. Ces prix sont injustes. On peut créer un service, pas gratuit, mais adapté aux moyens des gens. Il y aura aussi des projets à mener sur les transports car le tram est en fin de vie. Il faudra trouver une alternative et la Métropole est très endettée suite aux grands projets menés ces dernières années. On n'oublie pas la sécurité. On ne balaye pas ce sujet, il y a un changement de braquet à avoir. Ce n'est pas en réarmant la Police que l'on va apaiser les choses et que l'on lutte contre le recul de l'État. C'est une compétence nationale. Sur le narcotrafic il faut arriver à déployer des politiques de préventions pour éviter que des jeunes tombent dans le trafic de drogue.

Si vous n'êtes pas au second tour, que ferez-vous ?

On sera au 2e tour ! Nous, on y va pour gagner ! Si j'arrive en tête de la gauche au 1er tour, je m'intéresserai à la liste d'Olivier Bianchi car je connais trop bien le danger de l'extrême droite et de la droite pour une ville. Je mettrai toutes mes forces pour que la droite ne passe pas et encore moins l'extrême droite qui est très présente. On fait campagne, on n'est pas là pour commenter les sondages.

LA LISTE : Mme Marianne MAXIMI, M. Aliaume COUCHARD, Mme Noémie FEL, M. Alparslan COSKUN, Mme Mayke FUSTIER, M. Diego LANDIVAR, Mme Juliette LANOS, M. Paco Larbi BELLOUCHE, Mme Laurence SCHLIENGER, M. Fernand KOKO, Mme Anaïs SAHY, M. Rayan CHAOUCH, Mme Jeanne MATHIEU, M. Simon LAMURE, Mme Marine PIRONY, M. Ilies JUILLET, Mme Estelle SANOUS, M. Carlos LOPEZ, Mme Michelle GUYOT, M. Gilbride NDISSANI, Mme Charlotte PASCAL-STAMM, M. Georges BOLLON, Mme Laure DUPUIS, M. Gaël BOYER, Mme Ayacha LAMRANI, M. Nicolas MOURET, Mme Dominique LAFFONT, M. Jean HUGON, Mme Iris LUCAND, M. Thibault MICHEL, Mme Myriam ZEBOUDJ, M. Arsène PLOEGER, Mme Camille ROGER, M. François MERCAT, Mme Alexandra KEMPIN, M. Florian COUDERC, Mme Chloé ROUX, M. Daniel DRAVERT, Mme Sonia CACHINERO, M. Dylan KINGUE, Mme Marie-José SUBIL, M. Louis PETIT, Mme Marion AUZAT, M. Samy HAYON, Mme Pauline IBGUI, M. Hugo Franck BONNET, Mme Emma LEYRIT, M. Nello FRASSETTO, Mme Lola MARCON, M. Max ARTHAUD, Mme Louise DOUAY, M. Etienne JULES, Mme Michèle QUERRE, M. Christian MAZET, Mme Anne-Marie HARRAND.

0 commentaires
Envoyer un commentaire