Clermont-Ferrand 10° C
dimanche 25 février

Stéphane Héros : "Mettre l'analyse en lien avec notre projet de jeu"

06h51 - 05 septembre 2023
Stéphane Héros :
« L'enjeu c'est de mettre cette analyse en lien avec notre projet de jeu ».

Professeur à l'UFR Staps et entraîneur adjoint coordinateur de la performance au Clermont Foot 63, il est l'auteur d'une thèse remarquée sur les transitions défensives et le rapport des joueurs à la perte de balle.

Comment êtes-vous devenu l'adjoint de Pascal Gastien ?

J'étais déjà au club en 1995 puis je suis revenu en 2017, je faisais ma thèse sur les transitions défensives. J'ai démarré avec l'équipe de France des moins de 19 ans. J'ai connu Corinne Diacre qui m'a mis en contact avec Pascal Gastien. Je coachais la sélection universitaire et j'ai fait passer une enquête sur les transitions défensives à Pascal et à des entraîneurs pro. Pascal était intéressé pour que je fasse ce travail-là avec le groupe pro donc j'ai enchaîné. Quand j'ai fini ma recherche, il m'a proposé de rentrer dans le staff en Ligue 2. C'est ma 4e saison en tant qu'entraîneur adjoint.

Vous avez soutenu une thèse sur la réaction des joueurs à la perte du ballon ?

Oui, pour comprendre ce qui est à l'origine de cette diversité de réaction, pour comprendre le décalage entre les consignes d'un coach et ce que vit le joueur en situation. Pour trouver des solutions et optimiser la performance dans ce secteur-là.

J'ai commencé cette étude avec les U19 français (A. Tchouaméni, S. Diop...) puis je l'ai fait sur 4 doublettes de joueurs, sur cinq ans. C'est la rencontre de l'étude scientifique, de l'humain et de l'optimisation de la performance.

Une thèse qui a intéressé Mikel Arteta, l'entraîneur d'Arsenal ?

Oui nous sommes allés à Londres avec Manolo pour discuter, c'était très intéressant. Mikel Arteta était très intéressé par le côté sciences humaines et comment fonctionne le cerveau... comment optimiser la performance. Puis j'ai été en contact avec Manchester City en juin par l'intermédiaire d'Erick Mombaerts, qui est responsable de la méthodologie d'entraînement là-bas.

Il y a un fort lien entre la fac de Clermont et le CF 63 ?

Nous avons monté une convention entre l'Université Clermont Auvergne et le Clermont Foot. Je faisais partie du laboratoire de recherche ACTé (Activité, Connaissance, Transmission, éducation) avec lequel j'ai fait ma thèse. Le but c'est aussi de s'appuyer sur les ressources locales pour les lieux de stage et pour la recherche, mêler les intérêts. À Clermont on a aussi le PERF arbitrage, une formation unique en France, en football comme en rugby. On fait venir des jeunes arbitres sur nos séances tactiques. Cela confronte les pros à ce qu'ils vivent le week-end dans des conditions de matches.

En quoi consiste votre travail au club ?

Je travaille beaucoup avec Corentin Digard qui s'occupe plus de la préparation physique, avec les médecins et les kinés, sur la réathlétisation... Moi j'ai plus la partie coordination football, je fais le lien avec l'analyse vidéo, les statistiques... Je suis l'intermédiaire entre les Data et le coach. Pendant les matches, je suis en hauteur... pour regarder si ce que l'on avait prévu est en train de se produire ou pas et s'il y a des ajustements à faire. J'ai tout un tas de donnés, je revois certaines images et je note s'il y a des choses à régler. Si on peut en direct sinon à la mi-temps. Je communique avec Manolo (Emmanuel Gas) et à la mi-temps je fais part de mes observations à Pascal Gastien. Je donne à chaque fois trois points importants pour ne pas le saturer.

Vous reprenez tout ça avec les joueurs en après-match ?

Je me sers de toutes ces informations pour faire un rapport avec des données quantitatives et qualitatives par rapport à notre plan de jeu. Mon rôle est aussi de travailler sur les coups de pied arrêtés en collaboration avec Manolo. On analyse le jeu de l'adversaire sur ces phases offensives ou défensives puis on fait des propositions d'adaptations de notre système défensif ou de pénétration dans leur défense. J'interviens avec les joueurs sur le terrain ou en vidéo pour construire des solutions ensemble. Dans la semaine on prévoit des petits moments pour construire tout ça jusqu'à la mise en place. L'enjeu est de mettre cette analyse en lien avec notre projet de jeu et ne pas être inondé de données pour que le coach puisse s'en resservir en match et réfléchir aux choses qui n'ont pas été mais aussi organiser sa semaine d'entraînement.

0 commentaires
Envoyer un commentaire