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Christian Bouchardy : "Tout ce que j'ai fait depuis l'enfance a été guidé par la passion"

10h19 - 07 avril 2021
Christian Bouchardy :
Christian Bouchardy, une vie passée à défendre et à faire connaître la faune sauvage.  

Depuis l'enfance, il arpente inlassablement les territoires naturels avec un appareil photo ou une caméra à la main. Spécialiste de la faune sauvage, écrivain, Christian Bouchardy vient de publier un nouvel ouvrage sur les Espaces naturels sensibles du Puy-de-Dôme.

Vous venez de publier « Les espaces naturels sensibles du Puy-de-Dôme », quel est l'objet de ce livre ?

Chaque année, les départements prélèvent une taxe sur les permis de construire. Le produit de cette taxe est affecté aux espaces naturels sensibles (ENS). Le Puy-de-Dôme est l'un des départements français les plus exemplaires dans ce domaine. Il a fait des acquisitions magnifiques comme le bois de la Comté ou les lacs de Servières et du Guéry, les deux dernières en date. Mais la population n'a pas forcément conscience de tout cela. Avec les élus et les services du Conseil départemental, mon éditeur de Borée, nous avons décidé de faire ce livre. Outre leur nécessaire préservation, l'idée, c'est aussi de montrer à quel point les 23 ENS du Puy-de-Dôme sont beaux, afin d'inciter les gens à aller les visiter. Certains bénéficient d'aménagements spéciaux comme l'Ecopôle du Val d'allier, près de Cournon. Grâce aux affûts, le public peut observer les oiseaux sans les déranger. Si rien n'était fait, ces sites pourraient se dégrader. Ils permettent de préserver la biodiversité et même de la favoriser.

D'une manière générale, quel regard portez-vous sur la biodiversité aujourd'hui ?

Mon regard est contrasté. Pour certaines espèces, nous avons connu une belle amélioration. Quand nous avons créé le Centre ornithologique en 1971, l'ancêtre de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), on pleurait car il n'y avait quasiment plus de faucons pèlerin, de hérons, de loutres ou de hiboux grand-duc. Nous étions persuadés à l'époque qu'ils allaient disparaître. Grâce aux lois de protection, ces espèces sont revenues. Mais à côté de cela, il y a 30 % des petits oiseaux des campagnes qui ont disparu dans les 10 ou 15 dernières années, notamment à cause de l'agriculture intensive. Nous sommes donc heureux vis-à-vis de certaines améliorations et très inquiets face aux régressions ou aux disparitions. Nous avons aussi toujours des problèmes avec la chasse et le piégeage. La France est le pays où l'on chasse encore le plus d'espèces. Par exemple, 64 espèces d'oiseaux sont chassées aujourd'hui alors que la moyenne en Europe se situe autour de 20.

Vous êtes aussi président de la Ligue de protection des oiseaux pour l'Auvergne, que représente cette association actuellement ?

2021 va marquer les 50 ans de la création du Centre ornithologique. Quelques années plus tard, nous avons rejoint la LPO. Aujourd'hui, je suis président du comité territorial Auvergne de la LPO Aura (Auvergne-Rhône-Alpes). Au fil des années, nous sommes passés de 250 à 1800 adhérents et comptons actuellement une trentaine de salariés. C'est de loin la plus grosse association de protection de la nature en Auvergne. Nous cogérons certains espaces et l'on met notre expertise au service des collectivités et des gestionnaires du territoire.

Vous aurez 71 ans bientôt, qu'est-ce qui vous pousse encore à arpenter la campagne et observer les animaux ?

Tout ce que j'ai fait depuis l'enfance a été guidé par la passion. Celle-ci est restée intacte. Au moment où l'on se parle, je me trouve dans mon bureau. Je regarde les mésanges et les herbiers qui mangent dans mon jardin. Mon appareil photo est sur pied. Il est prêt. Il est important que l'on utilise l'expérience acquise pour convaincre le plus grand nombre de personnes, notamment les jeunes. S'il y a eu une génération de perdue il y a plus de dix ans, la nouvelle génération s'y met. À la LPO, beaucoup de jeunes adhèrent, nos salariés sont aussi jeunes, ils ont fait des études brillantes. Ils sont efficaces, passionnés, maîtrisent à merveille les outils modernes. Je suis épaté par leurs qualités. Lorsque l'on fait un inventaire, on dispose aujourd'hui d'outils nous permettant d'avoir des résultats beaucoup plus efficaces et complets.

Quel est votre prochain projet ?

Je viens de terminer un roman. Il doit sortir au début du mois de juin. Cette fiction parle de la révolte des animaux au niveau mondial.

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