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L'Assurance maladie tire la sonnette d'alarme

13h51 - 17 novembre 2020
L'Assurance maladie tire la sonnette d'alarme
En France, l'utilisation de produits de contraste pour les IRM était en recul de 280.000 unités à la mi-septembre 2020 par rapport à l'année 2019, un chiffre considérable.    - © (Photo d'archives CI 63)

L'organisme a constaté une baisse des soins en France au second semestre. Malgré la crise de la Covid-19, il est important de continuer à se faire dépister pour d'autres pathologies ou à se soigner.

Le premier confinement avait déjà marqué cette tendance. Par crainte de contracter la Covid-19, certains patients ont évité de consulter leur médecin traitant, de se faire soigner par un infirmier ou un kinésithérapeute, ou même de réaliser des examens de dépistage, au risque que leur santé ne se détériore. À titre d'exemple, en avril 2020, au plus fort de la première vague épidémique, l'Assurance Maladie a observé une baisse de 31 % du nombre de consultations (y compris en téléconsultation) pour les médecins généralistes par rapport à la même période de l'année précédente. Cette baisse était encore plus marquée pour les spécialistes, s'élevant à 56 %.

"L'épidémie à Covid-19 a profondément bouleversé le suivi médical de nos concitoyens, notamment ceux qui en ont le plus besoin, sans doute parce qu'ils se sentent particulièrement vulnérables face au virus. Le premier confinement a entraîné une baisse des examens permettant notamment de dépister des cancers. Ainsi, au 13 septembre 2020, on constate une diminution significative de l'utilisation de produits pour réaliser des diagnostics médicaux, notamment par endoscopie ou par imagerie : - 250.000 préparations pour la coloscopie, - 500.000 injections pour les produits iodés pour scanner, - 280.000 utilisations de produits de contraste pour les IRM2", constate les services de la Caisse nationale de l'assurance maladie (CNAM).

Hélas, comme on pouvait le craindre, avec le retour de la vague épidémique au cours des dernières semaines, une baisse des soins est également constatée pour ce second semestre.

Si les craintes des patients sont compréhensibles, l'Assurance Maladie tient à les rassurer. "Les professionnels de santé ont pris toutes les mesures nécessaires pour assurer leur suivi en toute sécurité en ville et à l'hôpital, quelle que soit leur situation", rappelle-t-elle.

C'est pourquoi, que l'on soit dans une situation de fragilité nécessitant un suivi particulier ou que l'on ait tout simplement besoin de consulter, il faut impérativement contacter son médecin pour prendre rendez-vous. Il est possible de recourir à la téléconsultation (prise en charge à 100 %, sans avance de frais) à chaque fois que cela est possible techniquement. Mais si certains patients rencontrent des difficultés d'accès au numérique, ils peuvent se voir proposer une consultation par téléphone.

Autre possibilité, se rendre chez un professionnel de santé. Ces derniers, qu'ils exercent en cabinet, en centres de santé ou en établissements de soins, se sont organisés pour limiter au maximum les risques de contamination.

"Ces recommandations concernent tout particulièrement les personnes vulnérables comme les nourrissons ou les femmes enceintes. Ainsi, les enfants doivent continuer à être vaccinés et les femmes suivies, quel que soit le trimestre de leur grossesse. Quant aux personnes atteintes de maladies chroniques, elles doivent continuer à prendre leurs médicaments habituels, maintenir leurs rendez-vous et examens médicaux", insiste bien la CNAM.

En ce qui concerne les rendez-vous avec les infirmières, les masseurs kinésithérapeutes, les sages-femmes, tous ces professionnels de santé continuent leurs visites ou leurs soins en cabinet et peuvent également accompagner leurs patients dans certaines situations, à distance via du télésoin ou une télésurveillance. Celle-ci est prise en charge à 100 % et sans avance de frais. Il faut noter aussi que dans certains cas, l'ordonnance peut être renouvelée par le pharmacien ou l'infirmier même si elle est périmée.

L'assurance Maladie souligne par ailleurs que les dépistages organisés du cancer colorectal et du sein continuent : "contrairement au premier confinement ceux-ci ont repris depuis cet été et ne sont pas interrompus".

Enfin, en cas d'urgence, notamment en cas de suspicion d'un AVC ou d'une crise cardiaque, il est primordial de ne pas attendre pour appeler le 15 (ou le 114 pour les personnes sourdes ou malentendantes).

Pour inciter la population à recourir aux soins en cette période de confinement, une campagne d'information, portée conjointement par le ministère des Solidarités et de la Santé, l'Assurance Maladie et Santé publique France, a débuté depuis le 16 novembre. Elle met l'accent sur ce message essentiel : " pendant l'épidémie, quels que soient vos problèmes de santé, faites-vous soigner ".

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