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CCAS : Ensemble Citoyens révèle les recommandations d'un cabinet de conseil pour faire des économies

12h58 - 07 février 2024 - par Guillaume Bonnaure
CCAS : Ensemble Citoyens révèle les recommandations d'un cabinet de conseil pour faire des économies
Conseiller municipal, Alexis Blondeau, aux côtés d'Eric Faidy et de Stanislas Renié du groupe "Ensemble citoyens" a présenté à la presse le rapport d'Axege Conseil, cabinet de conseil clermontois missionné pour écrire un plan d'action. Un audit deman

Alexis Blondeau, conseiller municipal du groupe "Ensemble citoyens", seul administrateur à ne pas avoir voté la suppression de postes au Centre communal d'action sociale de Clermont-Ferrand, présentait à la presse le rapport d'Axege Conseil, cabinet de conseil clermontois missionné pour développer un plan d'action. Un audit sur les Ehpad demandé par le CCAS.

Le groupe d'opposition "Ensemble citoyens" porté par Eric Faidy organisait une conférence de presse le 29 janvier. À l'ordre du jour la gestion du Centre communal d'action sociale (CCAS) et de son déficit de 10 millions d'euros (500 000 euros par an et par Ehpad. Clermont en compte 6).

"J'ai un scoop : à Clermont-Ferrand, il n'y a plus de gauche, c'est un gang qui la dirige ironisait Eric Faidy. Sous Quilliot ou Godard, jamais on aurait vu une équipe municipale décider comme cela d'arrêter l'emploi de 28 contractuels et de fermer le service à 270 personnes. Le tout en l'annonçant avant les fêtes. C'est inhumain et dégueulasse. Et sur les chiffres, Olivier Bianchi ment. Alors que nous avons des faits tangibles..."

Alexis Blondeau, conseiller municipal d'Ensemble citoyens est aussi administrateur au CCAS. Il a détaillé le rapport du cabinet Axege Conseil, commandé par le CCAS de Clermont-Ferrand. Un document datant du 21 novembre 2023 concernant les Ehpad. Pour le SAAD (Les Services d'aide et d'accompagnement à domicile), le cabinet SPQR a aussi livré une analyse détaillée.

Quelles économies possibles ?

"Olivier Bianchi essaye de faire passer trois messages avec trois arguments pour justifier sa décision : que c'est un contexte national explique Alexis Blondeau. Il n'a pas tort mais la situation locale n'est pas celle qu'il dit. Au niveau national, 70 % des Ehpad sont déficitaires. À Clermont-Ferrand, les 6 Ehpad sont déficitaires donc on est à 100 %. Le déficit moyen des Ehpad au niveau national est de 150 000 euros. La dette par lit à Clermont-Ferrand est de 6 500 euros alors qu'au niveau national elle est de 3 200 euros. On est deux fois plus élevé au niveau de la dette par lit. Nous sommes quand même un très mauvais élève."

Le Covid, ORPEA, le plan Ségur... cela a coûté cher aux établissements.

"Dans cet audit, les charges de personnel ont augmenté. Le ratio charge-produit devrait être constant or il a pris 12 points en quatre ans, de 80 % à 92 %. Comment l'expliquer ? Car l'intérim a explosé dans nos Ehpad clermontois avec en quatre ans une hausse de 272 %. On utilise l'intérim pour tout et n'importe quoi : pour les formations que l'on peut anticiper en utilisant le groupe de remplacement ; pour les décharges syndicales ou pour remplacer certains grévistes, ce qui est interdit par la loi."

Le taux d'occupation a chuté en quatre ans, il est passé de 98 % à 92,7 % alors que la moyenne nationale est à 96 %. Depuis 2019, il y a une baisse constante tous les ans.

"Quand une personne décède, il y a un temps nécessaire puis une rénovation de la chambre. Il faut quinze jours de temps de rotation en moyenne en France. Alors qu'à Clermont nous sommes sur 2 mois pour remettre une chambre en état et cela nous fait perdre beaucoup d'argent. Si on revient au taux d'occupation de 2019, 98 %, avec la liste d'attente que l'on a, il suffirait de faire baisser ce temps de rotation des chambres pour regagner 500 000 euros."

Sur l'intérim, selon Alexis Blondeau, si on arrêtait de remplacer les grévistes et si on faisait appel à un groupe de remplaçants pour remplacer les gens en formations et en décharges syndicales, on pourrait économiser un tiers de l'intérim et cela ferait une économie de 200 000 euros par an.

L'inflation dans les Ehpad clermontois a commencé dès 2019. L'alimentation a pris 10 % et en 2022, 16 % alors qu'elle était de 7 % (chiffre Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires). Plus de deux fois plus ! Sur l'électricité on était à plus 15 % en 2022 alors qu'au niveau national on était à 4 %.

"L'audit a été réalisé cet été et alors qu'il faisait très beau et que les salles communes étaient vides, le chauffage était allumé..." déclarait Alexis Blondeau.

L'audit dit que si l'on fait des gestes du quotidien, on pourrait économiser 100 000 euros par an.

Organisation

Organisation, temps de travail, absence d'outil de pilotage mis en place, utilisation de fiches navettes pour prendre des congés et relever les absences dans les Ehpad... Tout cela ralentirait l'activité. "On fait encore des calculs à la main et aucune vérification des contrôles et de maintenance des appareils électriques comme les ascenseurs ou les lits médicalisés révèle Alexis Blondeau. Là on pourrait économiser 500 000 euros par an."

Selon l'audit cela ferait donc 800 000 euros d'économiser très rapidement.

L'audit préconise aussi de recalculer le Pathos, cet outil de calcul utilisé par l'ARS pour connaître votre besoin en soin... Avec plus d'optimisation, un versement de l'Agence régionale de santé supérieur à 700 000 euros pourrait être possible.

Vers une hausse des tarifs ?

Arrêter le contrat de travail de 28 contractuels permettrait une économie de 300 000 euros sur les 4 millions de déficit.

Aujourd'hui, il y a 6 tarifs différents dans les établissements, de 58,58 euros à 64,03 euros par jour.

"Il va y avoir une uniformisation des tarifs par le haut avec 163 euros par jour d'augmentation ce qui est énorme explique Alexis Blondeau. Les Ehpad ne gagneront que 400 000 euros avec cette uniformisation. Un nouveau coût va arriver : le tarif différencié. Il n'y a qu'un seul prix affiché et la mairie en affichera deux : le prix de 64,03 pour ceux qui sont bénéficiaires de l'aide sociale et un prix de 70 euros à négocier avec le Département pour ceux qui ne sont pas bénéficiaires de l'aide. Cela fera gagner 100 000 euros par an et avec le taux de rotation, un gain de 40 000 euros par an estimé par l'audit. Cela ne comblera pas le déficit... alors que l'on va faire payer cela aux résidents alors que ce n'est pas significatif."

Cette hausse n'est pas encore actée, elle doit être négociée avec le Département. Cela irait vers le 5 % supplémentaire au prochain conseil d'administration de février ou d'avril pour une uniformisation des tarifs au 1er janvier 2025.

Une proposition qu'Ensemble Citoyens ne votera pas.

"On n'a pas voté le licenciement et on ne votera pas l'augmentation du tarif. Cela ne bouchera pas le trou, il faut refaire tout le programme et embaucher un directeur. Cela ne sert à rien de le faire payer aux Clermontois alors que c'est la décision de la municipalité qui leur coûte le plus cher..."

Olivier Bianchi, le maire de Clermont-Ferrand s'est expliqué sur cette décision lors de ses vœux à la presse. Lire notre article du 25 janvier sur www.clermontinfos63.fr et dans le journal du 24 janvier.

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