Bernard Werber : "J'essaye de créer une parenthèse enchantée où les gens sont déconnectés de leurs soucis"
Le vendredi 30 octobre à la Maison de la culture, il présente son spectacle V.I.E (Voyage Intérieur expérimental). Un spectacle inédit, mélange de rêve éveillé, de méditation, d'humour et de musique relaxante.
On vous connaissait écrivain mais pas homme de scène ?
Je mets à la place d'un conteur, je parle à un public et je me demande comment il va réagir. Durant le spectacle, ma voix transmet déjà une certaine énergie et je vois en direct s'ils rient, pleurent, est-ce qu'ils sont attentifs, ont-ils des émotions ? Je crois que tout écrivain devrait à un moment monter sur scène pour se retrouver face à ses lecteurs et voir comment ils réagissent. Sinon, même quelqu'un qui achète un livre on ne sait pas s'il va l'ouvrir. Mais là je vois en direct s'ils sont complètement pris par ce que je raconte. Le fait que ce soit une méditation, cela fait que ce sont eux qui sont actifs aussi. Cela les transforme en raconteurs d'histoires puisqu'ils vont utiliser leurs propres souvenirs pour se raconter, sous ma guidance, leur propre aventure.
Depuis quand utilisez-vous la méditation ?
J'ai démarré à 13 ans mais le spectacle de mutation guidé, j'ai commencé une première fois avec Le livre du voyage en 1994, mes conférences sur le livre pour proposer aux gens de visualiser leur île personnelle et après j'ai commencé le spectacle en lui-même. Il a commencé il y a 10 ans mais cela ne fait que depuis 5 ans que je suis avec une harpiste, Vanessa Francoeur, avec une mise en scène. C'est un vrai spectacle avec des lumières et de la musique, c'est très complet. Rien que la harpiste, elle met la salle en transe. Elle a une voix plus aiguë et moi une voix plus grave. C'est un mélange de deux énergies complémentaires.
Dans ce monde ultra-connecté, on a du mal à se séparer de nos écrans. C'est dur de méditer ou le fait d'être dans un huis clos cela aide ?
Quand il y a 1 000 personnes autour qui sont en train de méditer avec vous c'est un peu comme faire de la plongée sous marine. Si vous êtes seul vous avez peut-être un peu peur mais quand vous voyez que tout le groupe le fait joyeusement, cela est plus sympathique. Mais cela ne marche pas sur tout le monde. Cela fonctionne sur 70 % des gens et ce chiffre augmente car les gens savent de plus en plus ce qu'est mon spectacle. Il y en a beaucoup qui reviennent. Avant je demandais et il y avait essentiellement des lecteurs mais aujourd'hui c'est 50/50.
Comment se déroule le spectacle ?
Cela fonctionne sur beaucoup de surprises et c'est très interactif, cela participe beaucoup. Ceux qui ont envie mais en général tout le monde a envie. Il y a un moment où on chante, un moment où on fait de la gym, un moment où les gens racontent ce qu'ils ont vécu et pour chaque personne c'est différent. Il faut au moins avoir 12 ans pour venir car le spectacle fait deux heures, donc pour un enfant ou un ado c'est un peu long. Depuis le début, il n'y a qu'une seule fois ou un téléphone a sonné. Sur une centaine de représentations. Les gens arrivent à couper. À la sortie de la salle, ils viennent me voir me raconter ce qu'ils ont vécu dans leur vie intérieure. C'est l'un des éléments de l'expérience.
Dans vos livres, vous avez parlé des abeilles, des fourmis bien sûr, des chats ou des arbres. Est-ce que l'on a un peu oublié ce qui nous entourait et s'est-on oublié nous-même ?
Je ne pourrai pas dire mieux en effet et j'essaye de faire une petite parenthèse enchantée où les gens sont déconnectés de leurs soucis professionnels, de santé ou de famille pour être dans autre chose : un moment de fraîcheur et de détente.
Vous n'avez pas laissé l'écriture de côté quand même ?
Ah non, mon principe, cela a toujours été : 8h-12 h 30 écriture ; et l'après-midi je fais ma documentation, je fais mon sport. Et le soir je fais le spectacle certains jours.
À 20 h 30. Billets sur lesdernierscouches.com



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