L'État mise tout sur la pompe à chaleur
Alors que le gouvernement a fait le choix d'électrifier le pays, la pompe à chaleur profite de plusieurs aides financières pour booster le marché et inciter les particuliers à passer le cap. Tour d'horizon sur les dispositifs à votre portée.
Pour l'Élysée, la pompe à chaleur, dite PAC, est « LA » solution d'avenir pour remplacer les systèmes de chauffage au gaz et au fioul, la production d'eau chaude sanitaire mais aussi pour rafraîchir les logements lors des étés caniculaires.
L'objectif annoncé : installer 1 million d'appareils d'ici 2030 ! Après des années de ventes en berne (-40 % entre 2023 et 2024 et -1,8 % entre 2024 et 2025 pour la PAC air/eau), de belles perspectives s'offrent ainsi aux pompes à chaleur air/eau (chauffage central), eau/eau (hydrothermique), sol/eau et sol/sol (géothermique) et même air/air (climatisation réversible). Et pour soutenir cette volonté politique, l'État joue la carte des aides à l'achat.
MaPrimeRenov' au rendez-vous
MaPrimeRenov' est la principale aide financière en matière de rénovation énergétique, et la PAC bénéficie particulièrement de ses bons soins ! Il est en effet possible d'obtenir cette subvention aux travaux pour le remplacement d'un système de chauffage et de production d'eau chaude sanitaire vétuste par une pompe à chaleur dans le cadre du « parcours accompagné » pour une rénovation d'ampleur mais aussi du « parcours par geste ».
Tout est d'ailleurs fait pour privilégier cette solution. En effet, depuis le 1er septembre, MaPrimeRenov' ne peut plus être attribuée pour un chantier d'ampleur si un chauffage au gaz est conservé après les travaux, la PAC est donc tout indiquée !
Attention : seules sont financées les PAC air/eau, eau/eau, sol/eau ou sol/sol. À l'inverse, les PAC air/air sont exclues du dispositif.
Des primes énergie bonifiées
Toutes les pompes à chaleur sont aussi éligibles aux certificats d'économie d'énergie (CEE). L'État impose en effet aux fournisseurs d'énergie de réaliser des économies d'énergie ou de financer les opérations des particuliers allant dans ce sens à travers les fameuses « primes énergie ». Or, les montants octroyés ont été boostés au 1er octobre 2025. Le calcul reste toutefois complexe puisqu'il dépend, entre autres, de votre zone climatique, de la surface chauffée du logement ou encore de la performance de l'appareil choisi. À titre d'exemple, l'aide peut atteindre jusqu'à 830 € pour une PAC air/air en région très froide (zone H1), selon les chiffres de Primesenergie.fr, une société spécialisée en la matière.
Cerise sur le gâteau : si tous les ménages peuvent prétendre au subventionnement de base, les foyers modestes bénéficient de primes bonifiées pour les PAC air/eau, eau/eau et eau glycolée/eau dans le cadre du « Coup de pouce chauffage », qui suppose de remplacer une vieille chaudière. En zone H1, l'enveloppe s'élève par exemple à 4 586 € pour une habitation de 90 m2 dans laquelle est installée une PAC air/eau très performante, contre 7 862 € pour un foyer en grande précarité, d'après le calcul de Primesenergie.fr.
Une TVA réduite
Si l'État promeut avant tout les pompes à chaleur air/eau et géothermique, un geste a aussi été récemment consenti en faveur des PAC air/air à travers un arrêté du 13 juillet 2026. Désormais, les appareils réversibles fixes les plus performants peuvent en effet prétendre à la TVA réduite à 5,5 % sur le matériel, les accessoires et le service d'installation. Il faut pour cela que le modèle affiche une classe énergétique d'au moins A++ pour un mono-split et A+ pour un multi-split dans le cas d'un modèle de moins de 12 kW.
Une future offre clé en main
Dans le cadre de son plan d'électrification, le gouvernement a annoncé la mise en place à l'automne 2026 d'une « offre clés en main » pour accompagner les foyers aux revenus modestes souhaitant s'équiper d'une PAC air/eau. L'idée est de proposer un package comprenant l'installation, la maintenance et le financement de la pompe à chaleur, voire la fourniture d'électricité, dont le coût (après déduction des aides existantes) sera lissé sous la forme de mensualités sur une durée de 3 ans.
Cette formule permet de continuer à payer le même niveau de facture d'énergie durant le remboursement de la dette, puis de voir l'addition chuter. En l'occurrence, l'Exécutif estime que la note de chauffage devrait être divisée par 2 au bout des 3 ans.
Plus de rigueur pour plus de qualité
Si la stratégie de chauffage de la France déroule le tapis rouge aux pompes à chaleur, la volonté politique s'accompagne d'un renforcement de la réglementation, afin de pousser les fabricants à améliorer leurs appareils.
Ainsi, le règlement européen dit « F-Gas » prévoit un calendrier d'interdiction progressif des fluides frigorigènes les plus polluants au profit de produits beaucoup moins émetteurs de gaz à effet de serre. Au 1er janvier 2026, ce sont les gaz fluorés avec un PRP (potentiel de réchauffement planétaire) ≥ 2500 qui ont été prohibés pour la maintenance et l'entretien de climatisations et des PAC.
D'autre part, depuis le 1er septembre 2026, les pompes à chaleur doivent disposer d'un agrément pour être éligibles aux différentes subventions publiques. L'objectif : favoriser les appareils fabriqués en Europe, pour des raisons de qualité industrielle et de résilience des approvisionnements.
Renseignez-vous sur les aides disponibles auprès d'un conseiller France Rénov' au 0 808 800 700 ou utilisez le simulateur proposé sur www.electrifions-la-france.gouv.fr



0 commentaires