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Jean-Luc Mélenchon au Zénith d'Auvergne : "La France a besoin d'une jeunesse bien formée sinon elle n'a pas d'avenir"

09h10 - 12 octobre 2026 - par Info Clermont Métropole
Jean-Luc Mélenchon au Zénith d'Auvergne :
Jean-Luc Mélenchon (LFI) a rassemblé 10 000 personnes le 11 octobre au Zénith d'Auvergne. - © GB

Le candidat de La France Insoumise à l'élection présidentielle 2027 avait choisi Clermont-Ferrand pour lancer sa campagne. Valorisation de l'apprentissage, suppression de Parcoursup, droit de vote à 16 ans… la jeunesse et l'éducation avaient pris une grande place dans ce meeting devant plus de 10 000 personnes.

Après les actions du mouvement lycéen et la répression policière qui a suivi, on s'attendait à un meeting musclé de la part de Jean-Luc Mélenchon. Si le leader de La France Insoumise n'a rien perdu de ses qualités d'orateur, il a été plutôt "zen" tout en égrainant les axes forts de son programme.

Manuel Bompard, Louis Boyard et les autres cadres de LFI étaient présents. Mais le meeting a d'abord laissé la parole à Marianne Maximi, la députée du Puy-de-Dôme, qui porte notamment les droits de l'enfance à l'Assemblée nationale, puis à deux lycéens de Blaise Pascal et de Sidoine Apollinaire, en soutien au mouvement. "Monsieur Lecornu, lâchez 10 milliards pour nos bahuts, pour des profs toute l'année et des places à l'université ; sinon on ne va pas s'arrêter !" Le réalisateur Robert Guédiguian y allait aussi de son message de soutien, en vidéo.

Puis, Jean-Luc Mélenchon a commencé sa prise de parole depuis le parvis du Zénith d'Auvergne devant des centaines de sympathisants qui n'avaient pas pu attraper l'une des 9 400 places assises à l'intérieur. Cela ne faisait rien, un grand écran avait été prévu. "Je suis un peu gêné de vous savoir dehors déclarait Jean-Luc Mélenchon. Mais nous ne formons qu'un seul groupe et quelle joie de vous savoir si nombreux." De nombreux bus venus de toute la France étaient également présents sur le parking du Zénith.

Puis pendant plus d'une heure, il a égrainé les grandes lignes de son programme avant la présentation de son ouvrage "L'Avenir en commun", son livre-programme, qui sera présenté les 6 et 7 novembre.

"Nous ne préparerons pas nos enfants à mourir."

Il a commencé par dénoncer les massacres à Gaza, et par rappeler l'universalité des Droits de l'Homme et du citoyen et pointer du doigt Donald Trump, "un adversaire" et le libéralisme qui a exploité la moitié du monde. "Depuis 1789, nous défendons les droits inaliénables de la personne à vivre libre. Le libéralisme a vécu aux crochets de la planète et surexploité les peuples. Nous voulons la paix à Gaza et en Ukraine. Mais nous ne serons ni cobelligérants en Ukraine, ni en Arabie saoudite. Nous ne préparerons pas nos enfants à mourir. Nous avons un seul intérêt, celui de l'humanité. Nous voulons la paix maintenant."

Bien sûr, il pense au 18 avril et 2 mai prochains peut-être, les 1er et 2e tour des présidentielles. "Nous sommes le camp des sans paroles, des humiliés, des oubliés. La présidentielle ne sera pas une compétition de technocrates mais celle d'une vision du monde. Nous allons fonder la VIe République, créer l'État écologique, un État social pour une société de l'entraide et ramener la retraite à 60 ans. Ça vaut le coup de se battre. "

Jean-Luc Mélenchon veut créer des Ecorégions et un contrôle de l'Intelligence Artificielle. "À la suite de l'ONU, de la Chine et même du Pape, je pense qu'il faut un contrôle de l'I.A. Et se méfier de cette colonisation numérique voulue par Monsieur Macron avec ses Data centers qui poussent dans toute la France."

L'écologie, l'éducation, le quotidien qui ne nous laisse plus respirer et l'apprentissage étaient des piliers de ce meeting.

"Pour l'éducation, pas pour la sélection"

"La lutte des lycéens et des étudiants est fondamentale pour notre avenir. Ce n'est pas un hasard si la révolte est partie des quartiers populaires. Dans les quartiers populaires, ils n'ont que les études comme ascenseur social. Nous dénonçons ceux qui au fil des différents gouvernements ont organisé ce bazar dans les programmes scolaires avec des matières à la carte et transformé le savoir en marchandise. D'ailleurs ils transforment tout en marchandise. Cette jeunesse retrouve les mêmes barrages à la Fac, en licence puis en master : la sélection par l'argent. Les néolibéraux ont voulu se débarrasser de l'école comme service public et ils ont créé les conditions du marché. Si vous mettez un prix à l'acquisition du savoir, vous organisez l'obscurantisme. Les maths, les sciences et la culture générale sont indispensables pour n'importe quel marché productif. Nous ne sommes pas pour la sélection mais pour l'éducation. Plus il y a de savoir et plus il se répand. Nous Français, sommes riches de ce savoir car nous n'avons rien d'autre que cette matière grise."

"Parcoursup, c'est le martyr de la famille sur 3 générations"

Bien sûr, il a été question de la dette et Patrick Martin, le président du Medef, Jean-Michel Blanquer, Édouard Philippe, Gabriel Attal, Emmanuel Macron ou Marine Le Pen pour sa "règle d'or" de redressement budgétaire en ont pris pour leur grade, à différents degrés : "Des élites irresponsables qui trahissent leur pays, ceux qui continuent de vouloir nous donner des leçons quand ils ont créé 1 200 milliards d'euros de dettes. "

Mais Jean-Luc Mélenchon a encore insisté sur la jeunesse : suppression de Parcoursup, revalorisation des filières professionnelles du CAP à la licence et le droit de vote à 16 ans seront finalement des axes forts de sa campagne.

"Parcoursup, c'est l'école du vice… On demande à des jeunes de 15 ans ce qu'ils veulent faire plus tard. Alors ils font un choix. Mais on leur en demande une dizaine. Et là ils commencent à choisir n'importe quoi… Parcoursup, c'est le martyr de la famille sur 3 générations. La France a besoin d'une jeunesse avec une matière grise bien formée et cultivée sinon la France n'aura pas d'avenir."

LFI veut remettre en valeur la formation professionnelle avec de meilleures conditions d'apprentissage pour les apprentis et valoriser l'alimentation biologique dans les cantines scolaires. Pour ça, il faudra des bras…

"Nous sommes tous pour mais qui va le faire ? Nous avons 400 000 agriculteurs à trouver selon la confédération paysanne. La plupart de nos agriculteurs ont une vie de chien et nous voulons y mettre fin. Car avec une agriculture saine, ce seront des milliards d'économisés sur le diabète ou les cancers. Ce seront les dividendes du bonheur. Idem pour la rénovation des logements. C'est formidable mais qui va faire ce travail hautement qualifié ?"

Enfin, le droit de vote à 16 ans a été l'un des mesures phares de ce meeting.

"À 16 ans on peut être émancipé et assurer son devoir de parent, à 16 ans, on vote aux élections prud'homales, à 16 ans, on va en prison… Alors à 16 ans, on doit pouvoir donner son avis, non pas secondairement mais comme tous les autres, comme citoyen."

Après ce tour de chauffe en Auvergne, Jean-Luc Mélenchon continuera sa campagne au Bourget le 7 novembre lors d'une convention.

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