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Ultra Vomit au Zénith d'Auvergne : « C'est de la parodie mais pas du foutage de gueule »

06h43 - 12 octobre 2026 - par Info Clermont Métropole
Ultra Vomit au Zénith d'Auvergne : « C'est de la parodie mais pas du foutage de gueule »
Depuis 1999, les quatre nantais ont su élever l'amateurisme à un niveau professionnel. - © Mathieu EZAN

Ultra Vomit est un groupe de metal hors du commun qui ressemble à tous les autres, mais en différent. N'hésitant pas à se moquer avec bienveillance de leur propre famille musicale, le quatuor nantais passe un cap avec cette tournée des « zéniths de la puissance (du pouvoir) ». Après un passage en 2025 à Mozac, le groupe sera de retour en Auvergne, au Zénith le samedi 7 novembre. Entretien avec Fetus, alias Nicolas Patra, chanteur et guitariste du groupe.

Avec cette tournée des Zéniths, Ultra Vomit change de dimension ?

On peut dire que c'est un changement dans la continuité. Cela fait très politique ce que je dis... (rires) On avait fait de grandes salles mais pas en tête d'affiche comme avec le « Gros 4 » à l'Olympia avec Mass Hysteria, No One Innocent et Tagada Jones... On avait fait ponctuellement des shows comme avec d'autres groupes mais là c'est la première fois que l'on se retrouve en tournée de zéniths. Cela s'est fait naturellement car on a eu un gros début de tournée avec des salles de plus en plus grosses aussi. Quand on a commencé les zéniths, ce n'était pas un énorme changement. Notre tourneur avait envie de nous faire faire des zéniths dès le début de la tournée. On avait eu une discussion et on était un peu plus prudents et on trouvait que c'était mieux de le faire dans un second temps. On a bien fait, comme ça, on est rodé sur notre set. Cela s'est bien passé et en plus les zéniths se ressemblent dans leur configuration ce qui fait que l'on a l'impression d'être à la maison. On a les mêmes côtés de scène, les mêmes entrées. Au début c'était impressionnant mais aujourd'hui on est habitué car on en a fait pas mal. Il n'y a plus de stress, c'est presque une date « normale », car cela reste un zénith, mais il n'y a plus cette appréhension.

Vous étiez venu à Mozac à l'Arlequin l'an dernier mais là le Zénith permet de vous régaler et de régaler le public avec une plus grosse production ?

Oui, c'est ça, c'est un peu show « plus plus ». Il y a moyen de faire un peu plus de choses que dans d'autres salles même si on proposait déjà beaucoup de surprises.

Rassurez-nous : vous restez bien les mêmes ?

Non cela ne change pas. On met un point d'honneur à rencontrer notre public, nos « clients » comme on le dit avec dérision. Ça nous arrive de ne pas le faire mais on prend très souvent le temps d'aller voir notre public à la fin des concerts pour discuter. On le fait même en zénith et on se demandait car c'est quand même une autre affluence. Mais on y arrive, on passe une heure au merchandising après le show. Cela n'a pas changé on est toujours assez accessibles. Et d'ailleurs, l'évolution du groupe a toujours été par petits paliers, jamais de manière brutale, donc on n'a pas l'impression que ça change. Aujourd'hui, oui, si on regarde dans le rétro et qu'on se dit « oui on fait des tournées des zéniths », on ne s'en rend pas trop compte. Mais il n'y a pas de prise de melon possible.

Vous allez sortir un coffret le 20 novembre avec 4 CD lives au Hellfest. Ce festival, c'est votre jardin, celui qui vous a aussi permis de toucher un public national ?

Oui, le Hellfest, c'est à 30 minutes de chez-nous. On a été à toutes les éditions, en spectateurs, en bénévoles ou en musiciens. Je ne sais pas combien j'en ai raté mais pas beaucoup. Peut-être 2. On a suivi l'aventure depuis le début et ces 4 concerts live, ces « quatre batailles » balaient les périodes du Hellfest. 2008 juste après les débuts, 2017, 2019 et 2026. Avec une évolution qui grossit de plus en plus comme notre heure de passage qui ne fait que reculer en soirée (Au Hellfest, les groupes moins connus peuvent jouer dès le matin N.D.L.R.).

Quel a été un peu le terreau du groupe au niveau musical mais aussi humoristique ?

Cela commence au lycée, j'écoutais Nirvana. J'étais pas mal parti dans le metal, le nu metal et des choses un peu plus bourrins. Jusqu'à partir dans le metal extreme, le death metal... C'est quelque chose que j'ai découvert au lycée. Après je voulais faire un groupe et on s'est rencontré avec « Manard » qui est toujours le batteur (Emmanuel Colombier N.D.L.R.). On n'écoutait pas forcément les mêmes groupes, on n'avait pas les mêmes goûts mais par contre au niveau humour et connerie on était beaucoup plus câblés. La référence ultime, c'étaient Les Inconnus. Qui étaient aussi une référence musicale puisqu'ils faisaient des chansons aussi. Mais sinon les Simpson. Quand on se voyait on regardait les Simpson à fond. Il y a plein de trucs comme Louis de Funès, Coluche, les Nuls et l'esprit Canal + à fond. Et plein d'autres choses comme les films d'horreur. On regardait ça à la fois pour se faire peur et se marrer. Typiquement Braindead de Peter Jackson, c'est une référence culte pour nous.

Vous avez chacun apporté vos préférences musicales. Cela permet de « parodier » comme il faut de nombreux groupes de la scène metal ?

Oui on avait tous nos groupes mais on est assez ouverts d'esprit. Ce qui me fait rire en soi, c'est plus l'imitation et le côté parodique. Depuis le tout début du groupe, cela a tendance quand même à partir dans tous les sens avec des riffs et des voix qui partent dans tous les sens. Ce qui me fait marrer c'est de me dire : « on peut mettre le CD, passer une chanson et avoir l'impression que ce n'est plus le même groupe d'un morceau à l'autre. » Cela reste cadré dans le metal mais il peut y avoir un morceau de Black metal et juste après un morceau hardcore qui n'a rien à voir. Tout ça, ce n'est que des trucs que l'on a bien écoutés. C'est de la parodie mais pas du foutage de gueule. Ce sont plutôt des hommages, des choses que l'on a digérés et que l'on a vraiment écoutés.

Il y a de la déconnade mais musicalement c'est un gros travail avec des arrangements très précis et subtils ?

C'est sûr et c'est souvent le compliment que l'on reçoit le plus, les gens sentent qu'il y a vraiment du travail derrière la connerie. Si on scinde les deux, la musique et la connerie, le meilleur moyen de rendre la connerie permanente, c'est que la musique le soit. Donc on essaye de faire au mieux.

Des références du milieu comme Gojira aiment beaucoup votre travail...

Mouss de Mass Hysteria m'a dit qu'il était très content qu'on est fait un morceau sur lui et qu'être sur l'un de nos albums c'était un peu comme être dans un épisode des Simpson. Cela me parle forcément. Je l'ai remercié car si tu es parodié par Ultra Vomit, tu n'es pas vexé, tu trouves cela cool. Il y a vraiment de la gentillesse derrière ça, ce n'est pas du foutage de gueule, on n'imite pas ça pour se moquer. Si on le fait c'est qu'on a écouté ces artistes. Nous n'avons jamais eu de vexations, les retours des artistes étaient plutôt cools.

Cela confirme comme vous le chantez dans « Doigts de metal » que le metalleux a beaucoup d'humour ?

Oui et il y a toujours des gens qui vont te dire qu'ils ne rigolent pas avec le metal. Et ils ne nous écouteront jamais. Et je le respecte, je comprends que l'on ne veuille pas mélanger humour et metal. Mais globalement je ressens un bel accueil. Les gens ressentent le côté geek, le respect qu'il y a derrière nos créations.

Vous disiez qu'il y avait de plus en plus d'enfants à vos concerts. Vos chansons sont une belle porte d'entrée pour un univers musical avec différents styles joués ?

Je pense que oui, c'est une bonne porte d'entrée pour les gamins avec ce côté bon enfant et humoristique. Cela aide aussi. On ne va pas les emmener voir un concert de Black metal direct mais s'ils tombent sur nos versions, cela peut les attirer.

Avec Celkilt en première partie. Billets sur www.arachnee-concerts.com

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