Jacques Chazalet : "La Chaîne des puys et le Parc des Volcans existent car il y a des animaux"
Le président du Sommet de l'élevage décrypte la 35e édition (6 au 9 octobre à la Grande Halle d'Auvergne) qui met à l'honneur le pastoralisme, avec 5 pays invités et l'évènement « Pâture » Place de Jaude.
Comment se prépare cette nouvelle édition ?
Nous attendons 1 800 exposants pour ce Sommet, et, déjà, nous n'avons pas de problème sanitaire avec les animaux. La conjoncture, s'il n'y avait pas les problèmes climatiques, elle ne serait pas si mauvaise que ça. Mais ce n'est pas la première fois que nous faisons un Sommet de l'élevage où il y a des calamités. Là c'est climatique, parfois c'est économique, l'an dernier c'était sanitaire. Nous sommes plutôt confiants. Il y a une petite régression sur les exposants spécialisés dans les énergies renouvelables compte tenu des nouvelles dispositions.
Le secteur agricole et l'élevage en particulier sont impactés par les canicules et la sécheresse ?
Oui et nous n'avons pas eu de pluie à l'automne. Parfois il pleut après le 15 août et cela repousse mais ce n'est pas le cas. Je ne sais pas si cela doit devenir la norme mais cela interroge car s'il n'y a pas d'eau, quels que soit les systèmes que l'on met en place, il n'y a pas de végétation et si pas de végétation, pas d'animaux. Pour faire de l'agriculture il faut de l'eau sinon on ne fait rien.
Le Sommet a toujours parlé de ces problèmes depuis des années...
Oui, il y a des colloques. Encore cette année et l'an dernier nous avions accueilli Jean-Marc Jancovici (ingénieur, expert du climat et cofondateur du Shift Project N.D.L.R.). Ce sont des sujets importants mais la transition ne se fait pas comme ça.
Pour cette édition, on peut dire que c'est un double évènement avec aussi « Pâture » Place de Jaude ?
Le Sommet n'est pas fermé au public mais c'est plutôt professionnel alors nous voulions parler au grand public et notamment aux Clermontois sur les impacts de l'élevage. La Chaîne des puys et le Parc des Volcans existent et vivent car il y a des animaux et des éleveurs. Le système est fragile avec des prédateurs, le problème de la transmission chez les éleveurs, l'astreinte de l'élevage, et ses conditions difficiles. L'objectif c'est de faire prendre conscience de ces enjeux-là. Nous mettons donc en place une scénographie pour représenter les pâturages du Massif central. Avec des conteneurs immersifs avec des vidéos, des explications... C'est très pédagogique en fait.
Il y aura deux races mises en avant au Sommet ?
Oui la Limousine côté bovin viande et la Jersiaise côté bovin lait. Chaque année il y a le concours national. D'habitude chaque année il y a une cinquantaine de bêtes pour représenter la race limousine alors que là il y en aura pratiquement neuf fois plus. La Jersiaise est une race laitière de petit format qui est moins connue, comme la Brune des Alpes. Mais qui se développe car il y a de plus en plus d'intérêts pour les agriculteurs qui transforment ce lait, car ce sont des vaches avec un lait avec un plus fort taux de matière sèche utile. Ce sont des races à fort potentiel fromager.
C'est l'année du pastoralisme avec 5 pays invités : Mongolie, Colombie, Côte d'Ivoire, Soudan et Espagne. Pourquoi ?
Nous avons pris un pays par continent pour symboliser le pastoralisme à travers le monde. Mais nous avons un pays qui est aussi à l'honneur et qui revient avec une forte délégation, c'est le Kazakhstan. Qui s'inscrit surtout dans une stratégie économique et relationnelle France-Kazakhstan avec la géopolitique, les sous-sols et l'agriculture-élevage pour ce qui nous concerne. Il y aura aussi les visites d'exploitation comme d'habitude avec les délégations étrangères puis les visites officielles. Il faut aussi noter le retour de la soirée internationale de l'élevage le mardi soir. C'est une présentation de toutes les races françaises aux délégations étrangères, principalement. Cela a une vocation technique et génétique.
Au niveau de l'accueil et des transports, le projet InspiRe vous soulage-t-il un peu ?
Cela évolue, le projet n'est pas encore à 100 % en ce qui nous concerne mais il y a déjà une liaison entre la Grande Halle et la Place de Jaude. Cela s'améliore mais nous ne sommes pas encore à la rotation que l'on voulait. Il y a plus de parkings, plus de rotations et plus d'accès donc normalement cela devrait être plus facile. Nous avons la possibilité d'avoir des terrains au nord et au sud comme l'an dernier pour se garer. À condition qu'il n'y ait pas de pluie. Effectivement, si l'épisode cévenol se déclenche au moment du Sommet, ce sera bon pour les fourrages mais pas pour stationner.



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