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« Jacques Brel, on ne peut pas le chanter à 60 ou 80 %, il faut tout donner ! »

06h58 - 24 juillet 2026 - par Info Clermont Métropole
« Jacques Brel, on ne peut pas le chanter à 60 ou 80 %, il faut tout donner ! »
Le Belge Olivier Laurent incarne Jacques Brel pendant 1 h 30. - © GM Photos LG

Le jeudi 15 octobre, à 20 h 30 à la Maison de la culture de Clermont-Ferrand, Olivier Laurent incarnera Jacques Brel pendant une heure et demie environ, accompagné de musiciens formidables, dans « Brel ! Le Spectacle, La Vie est Brel ». Entretien.

D'où vient cette passion pour Jacques Brel ?

Je suis originaire de Gand en Belgique et mon grand-père comme ma famille écoutaient beaucoup les chansons françaises. J'avais six ans quand cela a commencé. Mon grand-père habitait près d'un kiosque, il y avait un marché aux fleurs et une fanfare et j'ai commencé à chanter pour rigoler. J'ai dit à mon grand-père que je voulais faire ça plus tard. Il m'avait aussi parlé de l'Olympia et cette année on y joue et pour moi c'est formidable. Cette passion est intacte. J'ai aussi vu des images de Brel chantant Amsterdam mais aussi en coupant le son pour observer le visage de l'artiste. Car sur scène, Brel transpire et moi aussi, beaucoup. Je peux perdre 3 kg par spectacle. J'assume à 100 % cette espèce de souffrance sur scène. Jacques Brel on ne peut pas le chanter à 60 ou 80 %, il faut tout donner ! Sinon on peut perdre le public et c'est ça qui est difficile. C'est cette folie chez Brel qui m'impressionne et quand je joue Brel, j'ai une hargne, je suis habité, comme si c'était le dernier jour de ma vie.

Comment pourrait-on définir ce spectacle ? Il y a des musiciens mais ce n'est pas une imitation et encore moins un tribute ?

C'est un spectacle avec des musiciens extraordinaires. Je suis entouré d'un contre bassiste, d'un pianiste, d'un percussionniste et avec Frédéric Viale de l'un des meilleurs accordéonistes de France. Pour moi, c'est le plus beau spectacle, il est arrivé à son paroxysme, car nous avons travaillé tous les détails, avec un travail sur le jeu de lumières. Tout en respectant l'univers de Jacques Brel, et l'atmosphère qui se dégageait à l'époque. Ce n'est pas chronologique, je parle de l'artiste un peu entre les chansons. On a progressé dans l'émotion apportée et les détails. Les gens pleurent pendant le spectacle, c'est le plus beau des cadeaux, cela veut dire que vocalement et musicalement nous avons réussi à faire quelque chose de formidable. En toute modestie, les retours des gens touchent énormément, et ce de plusieurs générations. C'était vraiment un devoir de mémoire de faire ce spectacle. Je suis fier aussi que les jeunes générations découvrent cet artiste. Et tellement heureux de jouer ce spectacle chaque soir pendant une heure et demie environ.

Vous avez dû faire des choix sur les chansons on imagine ?

C'est dur et certains spectateurs peuvent nous le reprocher. Un jour on en fera peut-être une nouvelle formule et je rêve d'un Brel symphonique. On pourrait faire certaines chansons supplémentaires. Il y a toujours des défis. On est tous satisfait des chansons mais il fallait trouver l'angle. C'est une belle liste de chansons avec des connues et des moins connues.

On a l'impression que peu d'artistes ont repris Jacques Brel par rapport à Georges Brassens par exemple ?

Il y en a qui ont essayé et qui disent qu'ils se sont trompés, ils n'y sont pas arrivés. Florent Pagny avait fait un album de reprises et il l'avait dit. Ce n'est pas évident de reprendre du Brel. Certains ont réussi et beaucoup étaient belges. Maurane a superbement repris « Les vieux amants ». C'est pour moi l'une des plus belles versions entendues. Car elle est Belge et chez les Belges, il y a un certain phrasé propre comme pour Jacques Brel et une façon de chanter. Une sorte de spleen. Quand je chante « Le plat pays », je repense à mon pays, c'est un hymne d'amour.

Gil Marsalla a produit le spectacle comme il l'avait fait pour des spectacles sur Aznavour et Piaf. On sent ce savoir-faire...

Gil et moi, c'est un coup de cœur. On s'est entendu tout de suite car c'est un producteur qui vous laisse de la liberté, qui vous respecte et aime la chanson française. Il fait le tour du monde avec ses spectacles incroyables, comme le nôtre, dans des grandes salles. Il a réussi à faire un beau bébé avec son équipe et la tournée se passe très bien car on est une bonne bande de potes. C'est super que l'on croit en ces projets ! Bravo. En plus, la Fondation Jacques Brel, et sa fille France Brel, que je connais bien, ont adoré notre projet et nous citent. Je suis très fier car c'est une grande reconnaissance, ils estiment que ce spectacle en vaut la peine.

Quel est le retour du public ?

L'amour du public est formidable. Un monsieur est venu me voir à la fin pour me demander ce que j'aurais aimé dire à Jacques Brel. Je lui ai dit : « Grâce à vous, j'ai atteint l'inaccessible étoile. » Et plusieurs mois après, je reçois un message sur Instagram avec une photo. Il avait pris un galet aux Marquises, en Polynésie, et a écrit au feutre cette phrase pour la disposer sur la tombe de Brel sur l'île d'Hiva Oa. J'ai reçu des manuscrits aussi, ce sont de beaux cadeaux, une belle reconnaissance.

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