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Malgré un faux départ, le World Festival d'Ambert a rendu tout le monde heureux

12h36 - 19 juillet 2026 - par Info Clermont Métropole
Malgré un faux départ, le World Festival d'Ambert a rendu tout le monde heureux
20 541 festivaliers ont franchi les portes du festival en deux journées. Ici, le concert de Gaël Faye, le vendredi soir. - © Guillaume BONNAURE

Si la première journée du festival ambertois a été annulée à cause des orages, les deux autres journées ont été une magnifique réussite avec des artistes incroyables, des troupes venues du monde entier et une organisation encore une fois très bien rodée pour accueillir plus de 10 000 personnes chaque soir.

Un pétard mouillé puis un véritable feu d'artifice. C'est comme cela qu'il faudrait définir cette 39e édition du World Festival d'Ambert qui s'est déroulée du 16 au 18 juillet.

Et cela partait mal : pour la première fois en 38 ans, le festival était obligé d'annuler la journée d'ouverture en concertation avec la Préfecture pour des risques sévères d'orages de grêle. Une sage décision quand on voit que le Lovely Festival de Brive a dû être évacué le même soir, alors que la Corrèze était, elle, en alerte jaune. Les fans d'Helena (présents dès 9 heures du matin…), de Sean Paul et de MPL étaient déçus forcément mais pour autant le festival a tenu son cap.

"La machine a été un peu perturbée quand même jeudi expliquait Benoît Pascal, le directeur du festival, à l'heure du premier bilan, samedi soir. Mais l'organisation est en place depuis de nombreuses années maintenant et chacun sait ce qu'il doit faire. Même si on ne l'avait jamais vécu, ce cas a été anticipé. On a de petites procédures à mettre en place. On a retardé l'échéance au maximum avec la Préfecture mais quand on vous annonce des vents à 80 km/h il faut fermer des bâches, évacuer le site, donc des choses que l'on prépare tous les ans et malheureusement elles ont été mises en place cette année. C'était la meilleure décision pour tout le monde. Et le site n'a pas été abîmé, donc le vendredi a pu redémarrer au plus grand bonheur de nos 310 bénévoles. Avoir deux beaux jours c'est exceptionnel, sans casse et sans blessés, c'est ce qui compte, car on travaille toute l'année pour apporter du bonheur aux gens."

20 541 festivaliers ont franchi les portes du festival en deux journées (31 489 étaient attendus sur les 3 jours avant l'annulation de la soirée du jeudi).

200 000 euros de pertes

Le festival est assuré pour cette annulation mais quand même. Le festival, c'est 2,3 millions d'euros de budget (350 000 € en 2018). "Il y a toujours une part d'incertitude rappelle Benoît Pascal. Car notre business model est particulier avec seulement 4 % de subventions publiques et 20 % du budget qui viennent des recettes des bars et des restaurations sur les 3 jours. Est-ce que l'assurance va nous rembourser ces potentielles recettes ? On ne sait pas trop. Même si la journée de vendredi a été une bonne journée à ce niveau. L'avenir nous le dira et pour être transparents nous allons demander aux festivaliers de ne pas demander le remboursement. Ils le seront s'ils le veulent mais s'ils veulent nous faire ce gros cadeau-là, cela aidera le festival. Car avec le jeudi annulé cela fait 200 000 euros de manque à gagner."

Puis, le festival a décollé. Si la météo était encore instable, la journée du vendredi fut formidable avec les danses de Nouvelle-Zélande, la tchatche et les mots de Styleto, la fougue du groupe 111, la puissance et la générosité de Airbourne et bien sûr la très grande classe de Gaël Faye.

L'écrivain, poète et chanteur, "frère" de Ben Mazué et de Grand corps malade a un charisme rare et une poésie qui rassemble malgré la gravité de son histoire. Accompagné par les artistes du Burundi, son pays de naissance, il a conquis le coeur du public puis mis le feu à la prairie entouré d'une trentaine de scouts toujours prêts à faire "Boomer les boomers". 

L'auteur de Jacaranda et de Petit pays fendra même la fosse pour encore plus de partage. 

Comme le fera plus tard, dans un autre style, Joel O'Keefe, le chanteur et guitariste d'Airbourne. 

Les festivaliers étaient heureux d'être là, déguisés, colorés et maquillés pour partager de grands moments de communion avec des artistes généreux et passionnants, à l'image de ce festival d'Ambert. Harry-Cover et Bobzilla se chargeaient eux de faire de l'after des moments géniaux pour prolonger le plaisir. 

Le samedi, il y avait encore plus de monde et la demande était incroyable pour voir Gaëtan Roussel et Mosimann. Les deux artistes avaient sympathisé autour du titre du leader de Louise Attaque et c'est tout naturellement que le DJ Fanco-suisse, véritable star du moment en France et en Europe, emportait la foule d'entrée avec Help Myself, remixé, et Gaëtan Roussel, sur scène, qui avait accepté cette invitation pour la première fois en festival cette année.

Tous les deux, ils savent tout faire. Habillé comme Angus Young, avec short et casquette d'écolier, l'auteur de Marjolaine, son dernier album, sait s'y prendre quand il faut emmener le public avec lui et son équipe.

Enfin, le concert de Mosimann restera sûrement dans l'histoire du World Festival d'Ambert. Pianiste, chanteur, ambianceur et DJ, l'ancien vainqueur de la Star Académy en a parcouru du chemin pour nous offrir un show hors normes. Un spectacle avec une grosse production mais qui a su toucher tout le public, même si on n'est pas un inconditionnel de l'univers électro.

Cette édition se terminait par une dernière chanson de Mosimann et un feu d'artifice inattendu dans le contexte actuel.

"Cette édition restera un chapitre particulier dans l'histoire du festival avouait Benoît Pascal. Nous sommes très fiers de la solidarité exemplaire des bénévoles, partenaires, artistes et festivaliers, qui nous ont permis de rebondir et de poursuivre le festival dans les meilleures conditions. Du fond du cœur, merci à eux ! Malgré les circonstances, l'ambiance est restée incroyable. Les nouveautés ont trouvé leur public, la programmation a su séduire les festivaliers et cela nous conforte dans les choix engagés depuis plusieurs années. Dès aujourd'hui, nous sommes tournés vers la 39e édition !"

Les organisateurs donnent déjà rendez-vous aux festivaliers les 15, 16 et 17 juillet 2027 pour une 39e édition et une nouvelle grande scène taillée pour des shows encore plus spectaculaires.

"L'annulation du jeudi aura-t-elle un impact sur l'édition 2027 ? Oui et non concluait Benoît Pascal. On est déjà en train de confirmer les premiers noms, on travaille sur des nouveautés comme la grande scène. Il y a plein de projets en cours, il faudra faire les comptes. On avancera peut-être la billetterie cette année pour nous aider à passer ce petit cap. On voulait déjà rester dans ces 10 000, 11 000 festivaliers par jour et on travaille déjà sur la 40e édition en 2028. La 39e édition est déjà en route depuis un peu de temps. Il y aura peut-être des investissements décalés dans le temps forcément mais il n'y a pas de remise en question particulière pour l'an prochain."

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