Éric Roux : "le festival du court métrage de Clermont-Ferrand c'est une respiration du monde "
Le directeur du Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand (Du 31 janvier au 8 février) nous présente cette 48e édition qui aura pour thèmes l'Asie du sud est et les vacances.
Avant de parler de l'édition 2026, quel bilan faites-vous de 2025 ?
L'édition précédente a été formidable, on a dépassé les 170 000 entrées (173 577 entrées exactement). Et 34 510 pour le jeune public ce qui est toujours super. Les rétros, c'est 15 110 entrées, cela a bien marché. Avec 70 programmes et 14 salles de projection, 454 séances, les salles étaient pleines et c'est toujours frappant ! Même le matin. Nous avons eu 84 % de remplissage. Il y a tellement de public que l'on pourrait en accueillir plus. Le marché, qui fêtait ses 40 ans est très dynamique et on est « focus » sur la 48e édition qui approche. Les sélections sont terminées depuis fin novembre.
Quelles sont les grandes lignes ?
Il y aura deux rétros cette année : une rétro Asie du sud est. Mais cela englobe de nombreux pays comme le Cambodge, la Birmanie, l'Indonésie, les Philippines, la Malaisie, la Thaïlande, Singapour et le Vietnam. J'ai eu la chance de voir les films, c'est très beau. Avec un court métrage du réalisateur de L'odeur de la papaye verte, Trần Anh Hùng qui sera également dans le jury. Les lumières, les décors... Nous avons des films esthétiquement très aboutis, caractéristiques du désir de ces cinéastes car tout est très beau. Ce que portent ces réalisateurs asiatiques, c'est vraiment une volonté de montrer leur pays avec une énergie assez époustouflante. C'est assez plaisant un an après le Liban qui était aussi une rétro qui montait avec de jeunes réalisateurs et réalisatrices à l'énergie folle, d'avoir une sélection comme celle-là. C'est un cinéma qui est très productif. Pour avoir de longs métrages il faut tout un travail sur le court en amont. Ce n'est pas pour plaire mais pour séduire et ouvrir l'imagination de notre public.
Mais encore ?
Il y aura une autre rétro qui s'appelle « Voyage voyage, est-ce que tu viens pour les vacances ? ». Une rétro consacrée à tous les genres de vacances, au camping, à la neige, à la mer, amoureuses, décevantes... C'est une chouette rétro et il y aura plein de bonus autour de cette rétrospective en imaginant des activités. Un certain nombre de grands noms, connus dans le long métrage présentent leurs courts comme Nicole Garcia (15 août), Laurent Cantet (Jeux de plage), Emmanuelle Bercot (Les vacances) ou François Ozon (Une robe d'été). C'est assez rigolo de revoir des courts métrages quand on connaît leur carrière en long. C'est assez significatif.
Le comité de sélection a toujours autant de travail ?
On a reçu 8 826 films pour n'en retenir que 150 films, cela fait beaucoup de déçus. Cela place Clermont dans une situation particulière dans l'univers des festivals du court métrage. J'en suis fier pour la ville et pour toute l'équipe qui fait un travail fantastique. Il faut pouvoir aller chercher ces films qui vont ouvrir l'imaginaire du public de Clermont. Les seuls critères de sélection, c'est le plaisir du cinéma et le plaisir de le partager que ce soit des films produits ou auto produits, de réalisateurs confirmés ou d'étudiants. Il y a 50 pays représentés pour la compétition internationale, on cherche à avoir une vision globale pour être dans la rythmique des cultures et comment elles s'emparent de ce qu'est l'expression cinématographique, avec aussi du documentaire, des fictions...
Ce festival est une photographie du monde à l'instant T ?
Plutôt une respiration du monde, c'est vraiment ça le festival de Clermont-Ferrand. Cela donne à voir comment le monde s'imagine. Le cinéma, c'est mieux que la vie, on voit des choses qui peuvent nous bousculer. Le court métrage français se porte bien, avec des angles qui bougent chaque année, des regards qui se posent de manière différente sur les personnages et les histoires. C'est ce que l'on voit sur la compétition nationale avec des enjeux qui ne sont pas les mêmes selon les générations. Le cinéma raconte le monde. Le CNC est aujourd'hui un organisme de soutien essentiel pour le cinéma français. Tous ces choix, c'est une grande liberté et la liberté c'est de montrer ce qui nous a touchés et ce que l'on observe tout au long de l'année. Cette notion de prospection culturelle est essentielle.



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