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Sébastien Grillon : "tous les clubs de foot pros ont un analyste vidéo"

06h35 - 11 janvier 2024 - par Info Clermont Métropole
Sébastien Grillon :
Sébastien Grillon a une équipe de 6 personnes : 3 à l'analyse vidéo et 3 sur les Data.

Responsable analyse vidéo et Data au Clermont Foot 63, Sébastien Grillon capture et décrypte les actions des joueurs en matches pour les transformer en informations précieuses pour les entraîneurs.

Depuis quand l'analyste vidéo est essentiel dans un club de football ?

Cela remonte à plus de 15 ans en France. Quand je suis arrivé il y a plus de quatre ans, il devait y avoir environ 16 analystes vidéo sur 20 clubs de Ligue 1. Et 6 ou 7 en Ligue 2 sur les 20 clubs. Aujourd'hui, tous les clubs pros ont un analyste vidéo. On échange entre-nous, on se voit sur les matches ou lors de réunions avec la Ligue. On a de bonnes relations. J'ai aussi échangé avec Joe Larkin, analyste vidéo à l'ASM.

Comment travaillez-vous pendant un match ?

Nous avons créé une cellule Data il y a presque deux ans. Je suis à la tête d'une équipe de 6 personnes : 3 à l'analyse vidéo et 3 sur les Data. Pendant un match, nous sommes deux à séquencer des moments, des indicateurs de jeu du match. Mon collègue Antoine Faydit sur la partie offensive et moi sur la partie défensive. Chacun va générer des données. Nous avons un logiciel qui nous permet de générer d'autres données pour enrichir ce que l'on fait en direct. La LFP a un prestataire qui relève les données de tracking (position sur le terrain) et d'évènements (tirs, buts, passes...). Le logiciel récupère ces infos et nous avons créé des petits programmes qui permettent d'analyser et de retranscrire les éléments qui nous intéressent en statistiques. Tout ça génère un rapport. Nous avons des talkies-walkies pour communiquer pendant le match ou avant la mi-temps avec Stéphane Héros, entraîneur adjoint coordinateur de la performance, pour lui donner les infos importantes. Ensuite, il fait le tri et garde l'essentiel pour Pascal Gastien à la mi-temps.

Et après le match ?

En direct, en manuel ou en automatique, il y a toujours un risque d'erreur. Nous avons un autre prestataire qui a des données un peu plus riches que celui de la Ligue. Je relance le programme avec toutes les données, on vérifie et je fais un rapport plus juste du match que je transfère à Stéphane Héros puis à Pascal Gastien qui revoit le match. Il m'envoie les éléments qu'il veut voir apparaître sur le debriefing qu'il montrera aux joueurs le mardi. Après un carton rouge, on peut aussi me demander de sélectionner des images pour défendre ou atténuer une éventuelle sanction de la commission de discipline. La vidéo peut aussi être un outil de recrutement.

Comment recueille-t-on ces données ?

Les joueurs ont des GPS et la Ligue installe sur chaque terrain 3 petites caméras optiques qui suivent les joueurs. C'est plus juste que le GPS et la saison prochaine le nouveau prestataire va installer entre 28 et 36 caméras dans chaque stade. Il y aura encore moins d'erreurs. Cela va nous faire entrer dans une nouvelle ère. Nous utilisons aussi des drones, cela permet à l'entraînement de visualiser les espaces et les déplacements des joueurs. Cela est intéressant pour corriger les aspects tactiques.

Pour les joueurs adverses, nous n'analysons pas forcément avec la vidéo, c'est chronophage, mais plutôt avec des fiches informatives lors de la causerie d'avant match. On peut faire des pastilles vidéos sur le gardien adverse, c'est Eric Gelard le coach des gardiens qui le fait et on l'intègre à la causerie du matin.

Combien de kilomètres effectue un joueur en match ?

Ce sont les milieux de terrain qui parcourent le plus de kilomètres. Johan Gastien peut en faire 13 par match. Après on est dans une moyenne de 9,5 et 13 kilomètres selon les postes. Un gardien fait quand même 5 km par match en moyenne.

Qu'est-ce qui vous frappe sur ces analyses cette saison ?

C'est bizarre car globalement, sur les statistiques, nous sommes meilleurs ou aussi bons que l'an dernier sur la plupart des domaines sauf sur la finition : on manque d'efficacité offensive. C'est sans doute le plus compliqué à corriger. C'est un peu frustrant car sur notre début de saison, notre contenu était bon mais cela ne se concrétisait pas par des résultats. Là, on travaille déjà sur le match contre Nantes du 14 janvier. Nous travaillons avec une bonne semaine d'avance pour travailler sur l'adversaire avec les joueurs.

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