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Olivier Bianchi, "Vivre Clermont", PS : "continuer à sécuriser Clermont, à prévenir et anticiper sur l'éducation, le social et la santé"

16h33 - 11 mars 2026 - par Info Clermont Métropole
Olivier Bianchi,
Olivier Bianchi le maire sortant, de "Vivre Clermont", Parti Socialiste : "La campagne est un peu clivée". - © GB

Les dimanches 15 et 22 mars, les Clermontois sont appelés aux urnes pour élire leur nouveau maire. Entretiens avec les 6 candidats. Aujourd'hui, entretien avec Olivier Bianchi, le maire sortant, de "Vivre Clermont", Parti Socialiste.

Comment se passe cette campagne ?

Elle est paradoxale, pour moi en tout cas, je trouve qu'il y a une grande agitation sur les réseaux sociaux, avec de la violence et le " caricature ". Mais en même temps, elle est aussi apathique car quand on fait du porte à porte, on trouve beaucoup de gens qui sont éloignés des choses soit ne savent pas qu'il y a des élections ou sont agacés par le trop-plein de politique suite à toutes les séquences liées au budget au niveau de l'assemblée nationale. C'est une élection à deux visages, contradictoires. D'un côté une élection qui s'emballe sur les réseaux sociaux et de l'autre une élection apathique dans la rencontre. Mais le contact sur le terrain est plutôt positif, les gens sont contents de nous voir. La campagne est un peu clivée avec des gens particulièrement satisfaits de la révolution copernicienne des réseaux et des transports et ils nous disent bravo. Il y a de la satisfaction sur le schéma cyclable, sur les parcs… Et puis de l'autre des gens qui rêvent de la France de Pompidou, qu'il y ait toujours des voitures et que la ville ressemble au Clermont des années 50. Ceux-là sont irréconciliables car très vite ils nous disent : " on est contre vous, on n'est pas d'accord ". C'est une élection clivée, c'est la première fois que je la trouve aussi clivée. Il n'y a pas d'entre-deux, entre, je suis très satisfait de ce que vous avez fait et je suis très mécontent de ce que vous avez fait.

Le 2e paradoxe de la campagne, c'est qu'elle est très politique. On sent comme une précampagne présidentielle, un premier " round ". Elle n'est pas très loin et la question de l'extrême droite est dans toutes les têtes. Autour des valeurs et en même temps, avec beaucoup de proximité : ma rue, mon trottoir, ma porte d'immeuble, mes déchets… On jongle vraiment entre deux dimensions. Avec la situation internationale, les Clermontois se demandent aussi quel est le maire qui sera le plus protecteur, quel est le maire qui sera le plus bouclier. On parle de beaucoup de choses dont on ne parlera plus dans deux mois alors que l'on va être interrogé sur la question des logements, de la santé, des cantines… Et ça, cela mobilise assez peu les gens…

Quel est l'ADN de votre liste ?

On peut dire que c'est à la fois le renouvellement avec des jeunes, de nouveaux visages et le socle avec lequel nous avons construit ces dix dernières années, des adjoints solides qui ont de l'expérience. Et on additionne tout cela. En sachant que c'est mon dernier mandat donc il y a de la transmission à faire pour permettre l'émergence d'une nouvelle génération d'élus.

Qu'est-ce que vous avez de Clermontois en vous ?

Je l'ai choisi cette ville. J'étais le fils d'un père nomade pour des raisons professionnelles et pour la première fois, je ne me suis pas ennuyé dans une ville. Ce que j'ai de Clermont, c'est cette satisfaction d'avoir trouvé un port d'attache avec des habitants qui partagent un certain nombre de valeurs qui sont les miennes, de tolérance, d'accueil, de générosité tout en étant assez humble. Ce n'est pas une ville " bling-bling ".

Qu'est ce qui vous plait ?

J'aime bien le centre-ville, j'aime cette butte. La Place de La Victoire, ce qu'elle est devenue aujourd'hui c'est vraiment la quintessence de la démonstration de comment on peut faire évoluer une ville. Pour moi, ce sont aussi les librairies, mon jardin secret, là où je me ressource. Les choses qui identifient cette ville, c'est peut-être mon passé d'adjoint à la culture, ce sont les grands festivals qui jalonnent la ville. Il y a une offre culturelle riche toute l'année.

Quels seraient vos projets pour les années à venir ou les sujets sur lesquels vous voulez insister ?

Il faut que dans cette ville, on ait adapté les bâtiments publics, les logements dans leur grande masse au réchauffement. Il faut une rénovation thermique des écoles, des Ephad, des crèches, les endroits où il y a les personnes les plus fragiles. On ne peut pas continuer d'avoir des écoles où il fait proche des 40 degrés en juin. On ne peut pas travailler, il y a une urgence absolue. Ensuite, La Cité du Court métrage ou la patinoire que l'on doit mettre aux normes de sécurité, sont des objectifs à venir. Il y a des choses qui ont déjà été imaginées et qui vont commencer comme l'ouverture de la grande bibliothèque ou les travaux de la Place Delille qui vont commencer en 2027. Ce sont des grands projets.

Pas de projets pharaoniques comme on vous les accolle souvent ?

Beaucoup de choses ont été faites donc il ne reste pas beaucoup de choses à faire. C'était tout l'enjeu du slogan " Vivre à Clermont ". On va essayer de profiter de cette ville qui a été chamboulée, construite avec de grands équipements. Mais maintenant il faut en profiter. C'est ça l'enjeu de ma prochaine mandature. InspiRe a été ouvert il y a deux mois et les chiffres positifs sont déjà concluants : + 18 % de billets vendus sur le réseau, 60 % sur les deux lignes B et C. Cela fonctionne mais plus les mois vont passer, plus les gens vont se rendre compte du bénéfice d'InspiRe. Cela va se ressentir plus à la rentrée. Ce que je peux dire à ceux qui veulent réviser ce projet, c'est de faire très attention car le risque serait de continuer à être dans le bazar. Il y a des adaptations nécessaires, on en fait déjà. Il vaut mieux vivre les choses. Réviser InspiRe, remettre en cause les principes serait une faute grave et de l'argent jeté par les fenêtres. C'est contre historique et ce que font les maires de droite dans les grandes métropoles.

Est-ce qu'il y a des choses que vous regrettez ?

Bien sûr, mon grand regret c'est la Capitale européenne de la culture 2028. Cela aurait été un facteur d'accélération de la mutation et une très bonne nouvelle pour Clermont-Ferrand et le Massif central. Avec la taille du projet, le jury n'a pas voulu sauter le pas interterritorial avec le Massif central et 13 départements de peur de dissolution. Par rapport à une capitale. Enfin, cette distinction doit servir de levier pour un territoire qui a besoin de se développer au niveau culturel. On nous a dit que l'on n'en avait pas besoin, mais effectivement, Clermont-Ferrand dispose, pour ne parler que de la ville et de la métropole de plusieurs évènements et institutions culturels majeurs. On arrivait un peu tard dans l'histoire culturelle de Clermont. D'autres villes en avaient plus besoin.

Sinon, j'ai été un peu déçu quand nous avons monté le curseur en matière de sécurité cela a été contre balancé par une montée du narcotrafic et donc cela a rendu invisible les efforts produits. C'est un regret. C'est pour cela que nous continuons à sécuriser Clermont, à prévenir et anticiper sur l'éducation, le social et la santé. Mais de vraies déceptions je n'en ai pas vraiment. À part Notre-Dame-Du-Port, qui sort de feuilletons invraisemblables mais que l'on parviendra bien à jour à régler.

Quelle serait la place de Montferrand dans le nouveau quartier des Pistes ?

Montferrand est sur deux pôles et tous les grands projets de mes prédécesseurs étaient de faire de ressouder la ville et de faire de République et des Pistes le nouveau centre. Je ne pense pas à un déséquilibre, mais on a recousu les deux villes. Certainement que, avec un centre un peu moderne avec ces projets à Cataroux et aux Pistes, il faudra bien s'occuper de nos centres historiques. On a lancé Montferrand car il y a du retard et il y a d'autres opérations plus ponctuelles sur le centre historique mais il faudra aussi que le centre-ville soit aménagé et protégé dans les années qui viennent. On est en train de réfléchir à un grand projet global d'aménagement et d'équipement, de la voirie et de l'espace public. Et réfléchir à ce que peut devenir la Place de La Rodade car quand on aura fini Delille, c'est cette place-là qui sera rénovée. Mais c'est vrai qu'il peut y avoir des risques de paupérisation, de ville-musée avec des Airbnb ou de gentrification. Notre projet c'est de continuer à garantir un quartier où l'on vit avec des commerces, des habitants et de la mixité sociale. Où il y a de beaux appartements mais aussi des logements insalubres.

Enfin, si vous n'êtes pas présent au 2e tour quelle sera votre position ?

On verra avec les colistiers. Si je n'y étais pas, scénario un peu extrême, je ferai tout pour que la droite et l'extrême droite ne gagnent pas cette ville. Mais cela pourrait s'appliquer aux seconds tours en général.

LA LISTE : M. Olivier BIANCHI, Mme Anne-Laure STANISLAS, M. Cyril CINEUX, Mme Cécile AUDET, M. Jérôme AUSLENDER, Mme Marion CANALÈS, M. Grégory BERNARD, Mme Lucie MIZOULE, M. Frédéric PILAUD, Mme Wendy LAFAYE, M. Pierre SABATIER, Mme Marion BARRAUD, M. Jean-Christophe CERVANTES, Mme Sondès EL HAFIDHI, M. Geoffrey VOLAT, Mme Dominique BRIAT, M. Charles DUBREUIL, Mme Victoria MURE-RAVAUD, M. Yannick VIGIGNOL, Mme Magali GALLAIS, M. Christophe BERTUCAT, Mme Marie FERNANDEZ MADRID, M. Steve MAQUAIRE-BEAUSOLEIL, Mme Isabelle LAVEST, M. Louis D'ERAMO, Mme Claudine KHATCHADOURIAN, M. Samir EL BAKKALI, Mme Sophie BOYER, M. Jean-Philippe DEGUI, Mme Zakia DOUAKHA, M. Clément BOUDIER, Mme Manuela FERREIRA DE SOUSA, M. Lucas PEYRE, Mme Elsa SIFFERT, M. Jérôme GODARD, Mme Asmaa THEVENOT, M. Cyril TRIOLAIRE, Mme Valérie BERNARD, M. Osman KULEKCI, Mme Hayath ABDOU, M. Simon FAVIER, Mme Anna AUBOIS, M. Maxime BOYER, Mme Cécile GAUDIO, M. Abba Souleymane DIOURTE, Mme Nadia AMARA, M. Julien BARBAT, Mme Sandrine NOLOT, M. Karim SRIKAH, Mme Anne GOURDY DAVID, M. Nicolas BONNET, Mme Sandrine MORICONI, M. Nicolas LEJOLIVET-DELIGAND, Mme Odile VIGNAL, M. Fabrice BOUCHE.

Meeting le jeudi 12 mars à la Maison du peuple à 19 heures.

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