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Thierry Fraisse : "Le rugby ce n'est pas la guerre, c'est une fête"

09h21 - 13 juin 2022
Thierry Fraisse :
Thierry Fraisse, ici avec le XV au Charbon lors d'un déplacement à Brive en 2016 (© GB).

Le président de l'Interclubs jaune et bleu, qui regroupe toutes les associations de supporters de l'ASM, passe la main. Avant de redevenir un supporter lambda, il revient sur ces 13 années folles.

Après 13 années en tant que président de l'Interclubs, le moment était venu de passer le relais ?

Contre Montpellier, au milieu du stade, j'ai eu un petit pincement au cœur. C'est mon choix, ma volonté mais cela fait drôle quand même. Je sais que cela va me manquer. C'était le moment. J'étais aussi président du XV au Charbon depuis 22 ans, mon club de cœur et j'arrête aussi cette présidence. C'est prenant d'être président, il faut de l'énergie et je n'avais plus la même motivation. Mais j'ai été nommé président d'honneur des deux groupes... Je n'ai pas fini de faire des casse-croûte ! Je serai toujours là, au soutien mais plus en avant. Je garde ma carte d'abonné, cela fait quand même plus de cinquante ans que je suis l'ASM...

C'est Audrey Dulondel qui a été élue présidente ?

Oui. À l'automne dernier, j'ai dit que j'arrêterais. Nous avons donc élu une vice-présidente. Aujourd'hui elle devient présidente et j'en suis très content. Le public du Michelin est très féminin. Cela change, il fallait du sang neuf et Audrey a plein d'idées pour l'Interclubs. Elle connaît très bien le club et ses supporters, elle était déjà aux Trolls montferrandais depuis des années. J'ai une entière confiance en elle. Pascal Fourtin du XV du printemps, Bernadette Terrolle du XV AS'Miss et Christian Bidon du Pack montferrandais rejoignent le bureau.

Quel regard portez-vous sur cet Interclubs, qui n'a pas d'équivalent en Europe ?

Quand on l'a créé en 2006, par la volonté de René Fontès et sous l'impulsion de Jacques Pineau, il y avait 8 ou 9 clubs. Aujourd'hui, je le quitte avec 21 clubs. Et nous avons des clubs partout en France, six en dehors de l'Auvergne (Paris, Bordeaux, Lyon, Toulon, Rennes, Perpignan) et même un à Londres ! Le but, c'était de tout mutualiser pour bien travailler ensemble et que le président de l'ASM n'ait qu'un interlocuteur. Puis Eric de Cromières a voulu développer des clubs de supporters partout en France pour avoir des points d'ancrage. C'est une fierté. Aujourd'hui, certains clubs du Top 14 se renseignent pour appliquer ce modèle chez eux. mais cela ne prend pas partout.

Cette période était une très belle époque sportivement et donc aussi pour les supporters ?

Oui, les phases finales étaient la norme, les joueurs étaient à fond et donc l'ambiance suivait. Ce titre de Yellow Army, c'est une fierté par rapport à la Red Army du Munster. Bien sûr, sans les performances des joueurs, cela n'aurait pas pu exister mais le 16e homme a son rôle à jouer. Tout le monde suivait. La demi-finale à Saint-Étienne en 2015, tous les joueurs s'en souviennent ! Sur ces 13 saisons il y a le titre de 2010 mais au niveau des supporters c'est aussi les 20 avions que nous avons pu faire partir d'Aulnat pour la finale 2013 à Dublin. Et puis il y a le quart au Leinster en 2010 et ce défilé avec les supporters du Munster de la place de Jaude jusqu'au stade Michelin en 2014.

Vous partez en même temps que Morgan Parra, c'est pas mal... Quels sont les joueurs, les entraîneurs et les présidents qui vous ont marqué ?

Oui Morgan aura aussi passé 13 saisons au club. Après Aurélien Rougerie, il y a Morgan comme monument. Ils ont marqué le club et Aurélien continue de mettre son empreinte au sein de l'ASM. Il fait le lien entre les joueurs et les supporters. Vern Cotter bien sûr a marqué tout le monde. Les présidents aussi, chacun à leur façon. J'ai fait la majorité de ma présidence avec Eric de Cromières donc j'ai tissé des liens très forts avec lui. Mais Jean-Michel Guillon est et sera un très bon président. Cela n'a pas été évident de succéder à Eric dans ces conditions mais Jean-Michel amène de nouvelles choses.

Être président de l'Interclubs, cela vous a ouvert des portes ?

J'ai pu rencontrer des gens formidables et créer des liens avec les clubs du Top 14 et du Royaume-Uni. Je ne parle pas bien anglais mais Eric Aubry et Mathieu Boivin, mes « seconds », m'ont beaucoup aidé. J'ai partagé de grands moments avec les supporters du Munster, du Leinster ou de Northampton. Le rugby ce n'est pas la guerre, c'est une fête.

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