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Jean-Paul Chiocchetti : "À nous de nous adapter"

08h00 - 08 février 2022
Jean-Paul Chiocchetti :
Jean-Paul Chiocchetti sait que l'ASM Omnisports doit évoluer avec son temps (© Guillaume Bonnaure).

Jean-Paul Chiocchetti, le nouveau président de l'ASM Omnisports, nous dévoile les axes de travail de l'association sportive monferrandaise pour l'avenir.

Quel a été votre premier souhait quand vous avez pris la présidence de l'ASM Omnisports cet automne ?

Que l'ASM ne soit pas seulement connue par le rugby mais par tous les sports. Certains athlètes ont quand même des soucis pour mener de front carrière sportive et projet professionnel, continuer à s'entraîner, avoir un coach... Il faut s'intéresser à tous ces sports et pas seulement lors des Jeux olympiques... Il faut que l'on accompagne les athlètes, se structurer pour être fier des athlètes même ceux partis de chez nous et pourquoi pas les réintégrer plus tard en tant qu'éducateurs. Ce serait une fierté.

Quels sont vos objectifs stratégiques ?

Je les résume en trois phrases : l'ASM est un club qui accompagne la pratique d'une activité physique et sportive tout au long de la vie, de 5 à 90 ans. L'approche omnisports de l'ASM intègre sans compromis l'éducation, la santé, l'inclusion et le plaisir. Ces quatre thèmes ne sont pas galvaudés. On apporte une attention à la santé de tous ceux qui passent par chez nous ; l'inclusion car nous sommes au cœur d'un quartier prioritaire de la ville et on ne peut pas faire du sport quand on a des soucis dans la vie de tous les jours. Ils sont accompagnés, y compris sur le handisport. L'ASM doit accompagner ses sportifs jusqu'au plus haut niveau possible. Ce n'est pas qu'un club loisir, on forme aussi des athlètes. Les pépites, on les aide à aller au-delà et on facilite leur reconversion. Notre staff devrait évoluer aussi pour encadrer toutes nos pépites des 15 sections. Ces trois sujets-là doivent nous lier tous dans notre stratégie pour l'ASM. Les valeurs de l'ASM, elles, ne changent pas.

Il y a d'autres choses à améliorer en interne ?

Oui et rapidement pour qu'en 2022, l'ASM Omnisports soit dans le monde de 2022. Il nous faut une stratégie digitale plus ambitieuse, moins de charges administratives qui empêchent les bénévoles de se consacrer à 100 % à leurs missions, et une gouvernance à clarifier. Sur ce point, il faut préciser les rôles et les responsabilités de chacun. On fait vivre conjointement des salariés et des bénévoles et c'est compliqué. Car il peut y avoir des affaires extra-sportives avec les licenciés et il se pose la question de la responsabilité, des droits et des devoirs. Le jour où il y a un problème cela peut être compliqué. Il y a beaucoup de personnes qui gravitent autour de nous et le risque zéro n'existe pas. Je voudrais qu'en 2022, cela soit clarifié.

Comment retrouver le niveau de licenciés d'avant la crise ?

Nous avons un peu moins de 4 000 licenciés. Nous en avons perdu 1500 dans notre partie « ASM Vitalité ». Avec le télétravail, beaucoup n'ont pas repris de licence. Dans la maison sport santé, nous comptons 200 licenciés en moins. Dès que l'on reviendra dans un système normal post-covid, on retrouvera nos licenciés. Mais on doit aussi faire évoluer nos services car les gens ont changé leurs habitudes sportives. Nous proposons des cours de sport en ligne avec le télétravail pour faire évoluer notre sport santé. Nous avons perdu des jeunes qui ont trouvé une autre activité. À nous de nous adapter pour proposer des choses comme une offre de sport loisirs sans compétition pour les 12-18 ans ou la pratique de sports en vogue. Avec mon équipe, sur ce mandat de six années, j'espère pouvoir faire évoluer l'ASM.

Au niveau financier, comment être moins dépendant de Michelin ?

Avoir le soutien de la Fondation Michelin c'est une chance et il faut en être conscient. Depuis des décennies, cela nous a permis de nous développer. Il n'y a nullement une volonté de Michelin de se désengager mais on doit réfléchir pour que chacun des grands acteurs locaux retrouve ses responsabilités. Il faut rééquilibrer cela avec des projets communs avec la Métropole ou l'Éducation nationale. Mais aussi aller chercher des ressources nationales, auprès des JO 2024. Quand on produit un certain nombre d'innovations dans le sport, même au niveau de l'Europe, cela amène des opportunités pour accroître son budget. Michelin a toujours la volonté d'avoir un grand impact sur l'ASM omnisports.

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