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Nathanaël Berthon : « à Super-Besse, il y a cette notion de partage »

17h00 - 11 janvier 2022
Nathanaël Berthon : « à Super-Besse, 
il y a cette notion de partage »
Nathanaël Berthon est comme chez-lui à Super-Besse (© Bruno Bade).

Avant de se lancer sur la piste de Super-Besse, le Beaumontois nous parle de cette édition du e-Trophée Andros et de ses sensations. Dans le froid du Sancy, Nathanaël Berthon, vainqueur en 2015, est prêt à performer devant son public.

Bien calé dans les hauteurs du classement avant les étapes d'Isola 2000 et de Lans-en-Vercors début janvier, Nathanaël Berthon tient l'un des rôles principaux sur l'e-Trophée Andros cette année encore.

Le pilote clermontois se frotte aux meilleurs au volant de sa e-208 de Pussier Compétition. « Nous avons bien bossé et nous avions fait trois victoires consécutives l'année dernière explique-t-il. L'étape de Val Thorens était sur cette lancée, on était bien. Même si la nouvelle gamme de pneus faite main n'est pas pareille. Mais on s'est bien adapté et tout le monde a bien grandi dans l'équipe. »

Bien grandir jusqu'à légitimement postuler pour le titre suprême de l'hiver dans le milieu automobile.

L'emporter à Super-Besse, à quelques kilomètres de la maison ce serait le rêve pour le vainqueur du Trophée Andros Électrique 2015.

« Super Besse, c'est à la maison, il y a les amis, la famille. Toute l'année je cours beaucoup à l'étranger et c'est donc compliqué de partager ces moments avec ses proches. Au Trophée Andros, à Super Besse, il y a cette notion de partage qui est toujours hyper sympa car beaucoup de Clermontois montent pour le show. »

Le show et le froid car là-haut ça pique ! Mais ce n'est pas pour déplaire à l'Auvergnat qui espère des conditions extrêmes dans l'idéal.

Adaptation

« En décembre dernier il a fait hyper froid en montagne, il y avait de la glace se rappelle le pilote. J'espère que nous aurons les mêmes conditions, ce serait idéal. Car cette année, il y a un gros niveau avec beaucoup de pilotes. Cela ne fait pas de bruit comme avant mais la compétition est acharnée. Il y a des pilotes connus, cela va faire un beau spectacle. Il y a Romain Grosjean, les Prost, les Panis... Il y a des virtuoses de la glace, du beau monde car c'est une discipline de spécialistes. »

Au fil de saisons, le Clermontois a tissé des liens avec pas mal de personnalités de ce milieu.

« On se connaît tous, Olivier Panis par exemple m'a managé par le passé et on s'apprécie. Le Trophée Andros reste très francophone mais il faut rester actif l'hiver, c'est important. C'est essentiel d'être un pilote complet, de s'adapter vite, de pouvoir prendre le volant de n'importe quelle voiture. Le Trophée Andros, ce n'est que du positif. »

À 32 ans, Nathanaël Berthon a acquis une belle expérience depuis le début de sa carrière. Et il en récolte les fruits. « C'est vrai, je commence à avoir de l'expérience et cela se voit en début de saison sur les résultats au Trophée Andros. Je ne crois pas avoir déjà aussi bien démarré une saison. Et comme d'habitude je finis bien les saisons, on peut espérer. Mais il ne faut pas se relâcher. »

« Glisser et aller vite c'est autre chose »

Quand on a expérimenté la course en Formule 1, qu'est ce la course sur glace peut bien apporter à lui comme aux autres coureurs aguerris ?

« Cela apporte l'expérience de l'électrique et dans le futur, de plus en plus de courses vont l'être dans cette catégorie. Sur la glace et en particulier sur le Trophée Andros, il faut s'adapter car la piste évolue à une vitesse folle. Il faut s'adapter très vite, cela apporte énormément de variété sur les styles de pilotage. Glisser c'est facile on pourrait dire mais glisser et aller vite c'est autre chose. Quand tu peux t'adapter, cela te rend polyvalent et plus fort. Le Trophée Andros apporte des choses que l'on ne retrouve pas ailleurs. »

Comme l'ambiance dont il se délecte par avance. Le paysage, la piste, des moteurs et des copains, c'est ça le Trophée Andros. « Le Trophée Andros c'est un peu la guerre sur la piste mais quand on pose le casque on est tous copains ou presque. Cela change de la saison d'été. Courir sur la glace c'est le pied ! Ce sont des sensations uniques. »

Entre potes

Il retrouvera son copain Romain Gioffre, lui à moto, mais jamais bien loin. « On est amis avec Romain, c'est toujours sympa de se retrouver avoue Nathanaël Berthon. Il roule toujours avant moi et comme les motos détruisent la piste à chaque fois et créent des ornières, il m'indique les endroits délicats (sourires). La piste évolue vite et Romain voit bien cela. »

Rien ne prédestinait Nathanaël à devenir pilote de course mais la passion a pris le dessus.

« Je ne suis pas issu d'une famille automobile. Mais j'ai commencé par le karting au niveau régional puis régional et j'ai fait les championnats d'Europe et enfin de la Formule 1. Je suis très heureux de vivre ma passion. C'est par chance. Car j'avais fait dix années de Hockey sur glace... Comme quoi on en revient toujours à la glace... »

Mais en parallèle, cet homme brillant n'a pas oublié de préparer son après carrière en développant plusieurs activités.

« J'ai toujours réinvesti le moindre centime dans mes activités explique-t-il. J'ai mis à profit ce que j'ai appris dans les études. »

Bac scientifique à 17 ans, faculté de biologie puis école de commerce, Nathanaël Berthon a la tête bien faite et cela lui sert.

Sous contrat chez Audi Sport cette année, il apporte son expertise. « On me demande aussi de faire du développement sur les voitures rappelle le pilote. Il faut rouler vite et au maximum mais il faut aussi parler le même langage que les mécanos ou les ingénieurs qui souvent n'ont jamais piloté. Il faut réussir à leur retranscrire les sensations avec leur langage. »

Le 29 janvier, dans la froideur de l'hiver bessard, Nathanaël Berthon saura tirer son épingle du jeu et s'adapter, comme souvent.

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