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Patricia Delépine : « Le problème, c'est la hausse du prix des matières premières »

08h45 - 19 octobre 2021
Patricia Delépine : « Le problème, c'est la hausse du prix des matières premières »
Patricia Delépine, présidente de la Fédération Française du Bâtimentdans le Puy-de-Dôme, ici au centre (@ IOAproduction, Sébastien Richard)

Patricia Delépine est la présidente de la Fédération Française du Bâtiment dans le Puy-de-Dôme depuis mars 2020. Après cette période Covid qui a impacté le secteur, elle fait le point avec nous sur la situation.

Vous avez pris vos fonctions en mars 2020 dans une période compliquée. Comment avez-vous vécu cela ?

J'ai saisi mon mandat rapidement car nous avons été dans un tel tourment d'informations et de réactivités que j'ai été vite dans l'action... Nous avons été très sollicités et cela a été angoissant avec l'arrêt des chantiers. Il y a eu du chômage partiel mais cela a été compliqué. Mathieu Moriou, notre secrétaire général a donné l'information aux adhérents et est resté en contact avec les donneurs d'ordre publics et privés. Avec du recul, nous avons bien travaillé, ce relais était très important pour nos adhérents.

Quelle est la situation actuelle ?

Les chantiers ont redémarré rapidement et si les entreprises n'avaient pas été accompagnées cela aurait été pire. L'activité a cessé pendant six semaines au total. Aujourd'hui ce n'est pas du tout pareil, on retravaille tous. On est tourné vers une activité forte, les choses repartent mais la nouvelle problématique, c'est la hausse du prix des matières premières et l'accroissement du délai d'approvisionnement. Même si nous sommes très réactifs, c'est très compliqué et nous avons une épée de Damoclès sur la tête. La hausse que nous avons subie, nous ne l'attendions pas. 30 % de hausse en moyenne pour les matières premières, c'est énorme, en plus de l'augmentation du coût de l'énergie. C'est une problématique mondiale et c'est encore plus compliqué de sortir de cette crise. Localement, cela aurait été plus facile à gérer. Globalement on sentait une inflation venir mais aussi importante, non. On ne sait pas encore comment se passeront 2022 et 2023.

Comment se porte le bâtiment dans le Puy-de-Dôme aujourd'hui ?

Le bâtiment va bien on pourrait dire puisque nous avons créé 70 000 nouveaux emplois en France. Et dans nos centres de formation, nous avons eu une augmentation du nombre d'apprentis de 10 % en septembre 2020 et encore de 10 % de plus en septembre 2021. Ce sont de bons signes sans savoir ce qui nous attend. On cherche du personnel et il y a du travail mais le temps de former il y a toujours un décalage. Laurent Wauquiez a fait une conférence de presse sur les métiers en tension et il y avait cinq corporations (bâtiment, restauration, aide à la personne, maraîchers et transports) mais on pouvait en trouver d'autres. Le souhait de la Région c'est de faire des formations pour alimenter nos métiers, créer des passerelles pour des personnes qui quittent d'autres secteurs d'activité et veulent rejoindre notre secteur.

Y a-t-il beaucoup d'entreprises en difficulté financière ?

Ce n'est pas dramatique car il y a eu le Prêt garanti par l'État (PGE) et le chômage partiel. Mais les entreprises en difficulté avant la crise ou sans trésorerie, nous savons que cela sera compliqué pour elles dans le futur et qu'elles auront du mal à rembourser. Les salaires augmentent, les matériaux aussi, les charges ne baissent pas, on est taxés partout. La RE 2020 va aussi augmenter le prix de la construction... Il y a beaucoup d'incertitudes sur 2022. C'est dommage car il y a de quoi faire. Il faut continuer à construire et rester confiant. Il y a des chantiers sur la réhabilitation des bâtiments, sur le logement social et sur l'économie d'énergie. On ne peut pas se passer de ça ! Avant nous faisions plus de neuf que de réhabilitation mais aujourd'hui la tendance s'est inversée...

Donc pour les années à venir, il est difficile de se projeter ?

Pour nous, 2022 et 2023, c'est un peu flou. Il y a du carnet de commandes mais aussi de l'incertitude sur l'avenir. Si les matériaux n'arrivent plus, comment fait-on ? C'est angoissant. Heureusement tous les marchés publics ont quand même intégré la révision des prix dans les matières premières.

L'AG de la FFB 63 aura lieu le jeudi 28 octobre à 17h30 au golf du Val d'Auzon.

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