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Jacques Chazalet : "Beaucoup ont découvert, qu'avant la fourchette, il y avait la fourche."

09h11 - 21 septembre 2021
Jacques Chazalet :
Jacques Chazalet, président du Sommet de l'élevage (Photo JP Boithias).

Le président du Sommet de l'élevage, dont la 30e édition se déroulera du 5 au 8 octobre à la Grande Halle d'Auvergne à Cournon fait le point sur cet évènement majeur du monde agricole.

C'est la 30e édition du Sommet de l'élevage qui a vu le jour en 1992. Avec du recul comment abordez-vous cet évènement ?

C'est une aventure extraordinaire. Avant sa création, j'étais président des jeunes agriculteurs. Nous avions organisé un concours de labour au lycée Marmilhat avec la présence de Fabrice Berthon qui est aujourd'hui Commissaire. À l'époque il fallait manifester pour se faire entendre mais nous avons été encouragés à faire des opérations « sourires ». Rouger Blanc le président fondateur avait mis en place une stratégie pour mettre en avant les races de viande et des journées dédiées aux laitiers. Cela a démarré sur l'ancien Parc de Cournon en bord d'Allier avec trois jours de Foire. La filière viande bovine se développait, on l'avait bien senti avec les races mais il n'y avait pas beaucoup de troupeaux spécialisés. Nous nous trouvions dans le berceau de toutes les races rustiques spécialisées dans la production de viande. Il faut rappeler aussi l'appui du président Valéry Giscard d'Estaing pour la construction de cette Grande Halle de Cournon. Sans elle, nous aurions arrêté ou déménagé. Depuis, le salon n'a cessé de s'agrandir avec ce nouveau Hall et aussi sur les accès, les parkings.

Comment se présente ce nouveau sommet ?

La conjoncture a été favorable sur les dernières années avec un nombre d'exposants et de visiteurs en hausse. Le Covid a été un frein mais nous revenons dans des conditions optimistes et nous allons voir si nous pouvons progresser encore. Les grands évènements se tiennent, nous avons beaucoup d'espoir et les éleveurs ont répondu présent, les exposants aussi. Nous sommes confiants et optimistes, réalistes aussi. Il y a six mois, on pensait que ce serait plus compliqué. Avec le Pass sanitaire, les gens pourront tomber le masque s'ils le veulent.

Vous avez ajouté un jour de plus à ce Sommet de l'élevage. Mais en semaine...

Oui, c'est un débat, certains voudraient un jour de plus mais le week-end. Ce salon n'est pas interdit aux Clermontois, le mercredi comme les autres jours sont ouverts aux familles bien sûr. Des enseignants ont d'ailleurs prévu des sorties scolaires et nous leur facilitons l'accès. Mais nous sommes un salon professionnel où les visiteurs rencontrent des exposants, une clientèle. Nous voulons que ce Sommet reste un moment de convivialité mais aussi d'efficacité économique. Le samedi ce n'est pas possible pour les exposants... Mais il faut rester ouvert, c'est important que le public vienne à notre rencontre pour voir le monde agricole de près et dans le débat actuel sur l'agriculture, voir le vrai travail qui est fait. Les éleveurs sont contents de rencontrer les gens. Peut-être qu'un jour, il y aura quelque chose en centre-ville, une sorte de salon mettant en avant les produits de qualité de notre région.

Que vous apporte le renfort d'une nouvelle grande halle cette année ?

Nous avons poussé énormément pour l'avoir pour ne pas dire que nous avons fait du lobbying auprès du Conseil Général et d'Auvergne Événements. Avec ce nouvel espace couvert et aménagé de 10 000 m2, l'efficacité est plus importante, c'est plus facile à rentabiliser. Nous avons participé au financement. C'est un super bâtiment fonctionnel. C'est un plus pour le Parc, la ville et pour nous. D'autres salons pourront se tenir, c'est une notoriété.

Le monde agricole est à un tournant. Y a-t-il de nouvelles thématiques abordées sur ce Sommet ?

Il y aura un programme dédié à la transformation à la ferme et à la commercialisation en circuits courts. C'est une activité qui se développe de plus en plus. Beaucoup ont découvert, qu'avant la fourchette, il y avait la fourche. Il y a une hausse des circuits courts et du marché des produits frais. C'est bien même si cela ne suffit pas. Au-delà de l'économie, il y a l'aspect pédagogique. Le marché Bio, lui, se développe mais pas autant que le circuit court. Avec les normes françaises, si le consommateur achète français il achète aussi une sécurité alimentaire. La difficulté du Bio, c'est que les distributeurs en ont fait un produit d'appel. La filière lait en Bio, par exemple, elle sature et produit trop de lait pour le marché.

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