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« Ce vécu, il est en nous, il est écrit sur le Bouclier et jamais on ne pourra nous l'enlever »

09h29 - 29 juin 2021
« Ce vécu, il est en nous, il est écrit sur le Bouclier et jamais on ne pourra nous l'enlever »
Blagnac, à l'image de Marjorie Mayans, a été mis sous pression (Photo ASMCA).

Les joueuses de l'ASM Romagnat ont conquis un troisième titre de champion de France après avoir battu les meilleures équipes. Les protégées du coach Fabrice Ribeyrolles, qui revient avec nous sur ce titre, ont réalisé un exploit majuscule.

Toulouse, Montpellier et Blagnac. Les trois cadors du rugby féminin français sont tous tombés face à l'ASM Romagnat. Le dimanche 20 juin, en finale face à Blagnac (13-8), sur sa pelouse, les coéquipières de Jessy Trémoulière ont ramené au club de Romagnat un troisième Bouclier après ceux de 1994 et 1995. Après avoir battu l'ogre Montpellier et ses internationales en demi-finale (20-16), elles récidivaient sur un terrain loin d'être neutre. « C'est vrai que quand on réfléchit à ce parcours, c'est inouï réalisait le coach Fabrice Ribeyrolles. Mais la construction de ce titre est belle avec des bases mises petit à petit depuis cinq ou six ans. Nous avons bâti un groupe au fil des années avec notre centre de formation. Avec nos armes et notre état d'esprit irréprochable, on a enchaîné de belles prestations. On a senti que les filles pouvaient renverser des montagnes. »

Alors que ces joueuses ont passé une semaine à fêter le titre, l'entraîneur en chef prenait déjà un peu de recul sur cette saison exceptionnelle. « Parfois, vous n'avez qu'une seule opportunité dans une vie et il faut la saisir. Dans notre sport, le cœur, la solidarité sont des valeurs importantes quand on voit la détermination des filles sur cette finale… Quand j'écoutais nos concurrents, notre parcours n'était pas une surprise. Moi, mes joueuses m'ont surpris. »

Au fil des années, cette bande de copines menée par des internationales comme Trémoulière, Elise Pignot ou Caroline Thomas, a été alimentée par son vivier et renforcer par petites touches. Après le titre de deuxième division acquis en 2016, l'Ovalie Romagnatoise est devenue l'ASM Romagnat Rugby Féminin. L'apprentissage dans l'élite ne fut pas toujours de tout repos mais le club a toujours fait front et su garder ses meilleurs éléments. D'autres joueuses portent le maillot du XV de France comme Emma Coudert ou Léa Gabriagues et aujourd'hui, des joueuses signent à l'ASM pour le projet et moins pour les salaires à l'image des deux recrues italiennes Sara Tounesi et Francesca Sgorbini, décisives pour leur première saison. « Ce sont des filles ciblées, un recrutement réfléchi explique Ribeyrolles. Elles ont un double projet avec des études à côtés et ont préféré les conditions de travail plutôt qu'un salaire plus important qui leur était offert ailleurs. Elles apprécient l'ambiance de ce club et cette bienveillance. » Avec 35 filles utilisées sur les 12 matches, c'est tout un groupe qui a glané ce Bouclier. « Les fins de matches ont été horribles à vivre sur le banc confiait Fabrice Ribeyrolles. Mais c'est tellement magnifique. Toute cette journée du dimanche a été parfaite, du réveil musculaire jusqu'au coup de sifflet final. En plus, pour la fête des pères, j'ai pu partager ça avec ma fille, qui est rentrée en jeu, c'est extraordinaire. »

Sacrifices reconnus

Étudiantes ou salariées, parfois les deux en même temps, les rugbywomen clermontoises s'entraînent presque autant que les pros. « C'est du rugby passion même si au niveau de l'entraînement, on se rapproche du professionnalisme. Après être parti du rugby pro, j'ai vu tous les sacrifices qu'elles faisaient… Alors j'ai eu envie de les aider. Elles me supportent depuis six ans et elles sont arrivées sur le toit du rugby français… Aujourd'hui, leur salaire, c'est le Bouclier ! »

L'ancien joueur de l'ASM, trois fois champion avec les Espoirs en tant qu'entraîneur appréciait à sa juste valeur ce titre de champion mais n'en oubliait pas pour autant les différents membres du staff actuel ou passé comme Eric Faidit, Martin Scelzo et depuis 3 ans Vincent Fargeas.

La saison prochaine, l'ASM Romagnat devra assumer son nouveau statut. « On sera l'équipe à battre, il faudra être encore meilleur car nous avons une marge de progression expliquait Fabrice Ribeyrolles. Mais tout ce vécu, il est en nous, il est écrit sur le Bouclier et jamais on ne pourra nous l'enlever. »

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