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Police municipale : Olivier Bianchi change de braquet à Clermont

18h09 - 04 décembre 2020
Police municipale : Olivier Bianchi change de braquet à Clermont
Actuellement au nombre de 46 à Clermont, les effectifs de la police municipale devraient grimper à 76. 

C'était l'un des thèmes de la campagne des Municipales 2020. Et il a fait couler beaucoup d'encre, de salive aussi. À la faveur des événements tragiques de l'automne (tuerie de Nice et assassinat de Samuel Paty par des islamistes radicaux notamment), le débat sur l'insécurité est revenu sur le devant de la scène. Clermont n'y a pas échappé avec la fronde d'une partie des policiers municipaux qui a demandé à bénéficier d'équipements de sécurité supplémentaires.

Alors que le ton montait ces dernières semaines, Olivier Bianchi, suite à des rencontres avec ses policiers municipaux, a échafaudé son plan d'actions sur le sujet. Un plan que le maire de la Ville a décliné le 27 novembre dans un communiqué de presse.

En préambule, il a souligné que la police municipale était un maillon déterminant de la chaîne de sécurité et de tranquillité publique, bien articulée avec la police nationale, mais dont les missions sont distinctes.

« Notre police municipale est une police du quotidien et de la proximité, présente dans tous les quartiers de la ville dans le cadre de prises de contact avec la population et d'îlotage. C'est une police de la prévention qui agit autant que possible par le dialogue et la médiation pour réduire le niveau de tension. »

Après avoir rappelé également que la municipalité avait déjà agi dans ce domaine lors de son premier mandat (hausse des effectifs, création des brigades de policiers en VTT et de lutte contre les incivilités, création d'un nouveau local, installation de 100 caméras supplémentaires...), le premier magistrat a décliné ses propositions qui tournent autour de trois axes principaux.

D'une part, Olivier Bianchi a annoncé le recrutement de trente policiers supplémentaires durant le mandat et ce, dans le but de renforcer la sécurité des habitants de la cité.

« Il s'agit d'un effort inédit à Clermont-Ferrand, portant nos effectifs de 46 à 76. Cela nous permettra d'étendre les plages journalières et horaires d'intervention de la police municipale. »

D'autre part, et tout en rappelant son opposition à doter les policiers d'armes létales, le maire souhaite apporter une réponse à ceux qui craignent pour leur sécurité physique.

« Je les doterai d'armes non létales supplémentaires, notamment de pistolets à impulsions électriques. »

Enfin, dans le cadre du renforcement de la coopération police municipale/police nationale, Olivier Bianchi souhaite engager avec l'État « la négociation d'un contrat de sécurité intégré qui devra être gagnant-gagnant pour les Clermontoises et les Clermontois et qui listera les moyens supplémentaires que la Ville et l'État mettront en œuvre ».

Rappelons que le maire avait écrit cet été à Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, afin d'obtenir un rendez-vous pour lui demander des moyens supplémentaires pour la ville. Une demande restée « lettre morte » jusqu'à présent. À l'évidence, Clermont-Ferrand ne semble pas être une priorité pour le Gouvernement, qui plus est dans une période où le ministre était accaparé par la vague d'attentats terroristes et aujourd'hui par l'affaire des violences policières.

Reste que le maire de Clermont-Ferrand devra aussi convaincre une partie de sa majorité sur le sujet de la sécurité. Le jour même de l'annonce de ces nouvelles mesures, les élus des groupes Europe Écologie les Verts, Communistes et citoyens, et Génération. s sont montés au créneau.

Dans un communiqué envoyé à la presse, ils en appellent à « échapper à la frénésie sécuritaire actuelle et enrayer l'engrenage vers l'armement des policiers municipaux. »

Si la décision d'armer la police municipale avec des pistolets à impulsion électrique (tasers) relève des compétences et des choix propres du maire, les élus considèrent cette arme dite non létale « à la fois comme un équipement potentiellement dangereux et comme une réponse inadaptée aux questions qui se posent à nous. »

Pas sûr que les policiers apprécient le discours. « On voit bien que ce ne sont pas eux qui vont sur le terrain », nous a confié un agent, sous couvert d'anonymat.

Les Verts et leurs amis appellent de leurs vœux « la tenue d'états généraux de la tranquillité publique, ouverts à toutes et à tous dans tous les quartiers de la ville. »

Mais Olivier Bianchi n'y est a priori pas favorable. « Je ne suis pas chargé d'organiser les états généraux de la politique de sécurité de ce pays », leur a-t-il répondu, avant d'annoncer tout de même la création de trois groupes de travail.

Du côté de l'opposition, le groupe « Centriste, écologiste et solidaire » rappelle qu'il avait interrogé le maire début novembre sur les moyens mis à disposition pour assurer la tranquillité publique dans la ville, ce qui a provoqué un large débat. « Nous nous félicitons que notre demande de pragmatisme et de bon sens se soit enfin imposée. Interpellé par notre groupe, Olivier Bianchi accepte d'embaucher 30 policiers municipaux supplémentaires et de fournir un équipement de protection lors des missions les plus risquées. C'est un premier pas significatif dans la bonne direction. Nous serons vigilants sur la mise en place », explique Eric Faidy, son leader.

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