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L'ancien Archevêque de Clermont s'est éteint

13h58 - 26 août 2020
L'ancien Archevêque de Clermont s'est éteint
La biographie d'Hippolyte Simon était parue aux Éditions de la Courrière.

Évêque puis Archevêque de Clermont de 1996 à 2016, Hippolyte Simon est décédé le 25 août, à l'âge de 76 ans. Nous avons choisi de republier en partie l'article relatif à la biographie que lui avait consacrée en 2011 le journaliste Cédric Gourin.

Il est des destins marqués par les évènements, par l'histoire. Au cœur des tragédies ou des révolutions, des hommes se révèlent, des caractères se forgent. Celui d'Hippolyte Simon n'aura pas échappé à la règle. Dans la très belle biographie qu'il lui a consacrée, Cédric Gourin rappelle les ruptures auxquelles l'archevêque de Clermont a dû faire face durant sa jeunesse : la 2nde guerre mondiale, la mutation du monde paysan, mais aussi les évènements de mai 68 alors qu'il parfait ses études au séminaire de Coutances, dans la Manche.

Trois années de travail auront donc été nécessaires au journaliste du quotidien La Montagne pour boucler l'entreprise, histoire de recueillir les confidences de l'intéressé, bien sûr, mais aussi les témoignages de membres de sa famille, de clercs, de laïcs, ici, en Auvergne, et là-bas, dans cette Normandie qui l'a vue naître.

Pour cerner la personnalité de Monseigneur Simon, il est impératif de se replonger au cœur de son enfance, là où il a grandi, dans une famille nombreuse, auprès de parents agriculteurs.

« Ses racines sont essentielles », témoigne Cédric Gourin, dont on ne vante plus les qualités de la plume. « Il a les pieds bien sur terre, un sens de l'écoute et de l'observation aiguisés. Avec lui, on ne parle jamais pour ne rien dire. »

Son appel pour Dieu, Hippolyte Simon le ressent très jeune. « Issu d'une famille catholique, il s'est beaucoup interrogé sur l'existence de Dieu. Mais sa vraie vocation est née plus tard, au séminaire, rappelle l'auteur. On peut dire qu'il est passé d'une foi héritée à une foi assumée. »

Le jeune prêtre tracera ensuite son sillon au sein de l'Institution. Ordonné évêque de Clermont le 4 mai 1996, ce « couronnement » est tout sauf une surprise. « Il était préparé à cela. Il avait le profil. »

Connu également pour son franc-parler, le personnage ne rechigne jamais à la confrontation et au débat d'idées, lui qui se définit comme « Marxien » (et non pas « Marxiste » !), après avoir décortiqué l'œuvre du natif de Trèves pour mieux en prendre le contre-pied.

Son côté visionnaire ? Incontestable, comme lorsqu'il décide de regrouper les services du diocèse avenue de la République, « là où le tram viendra dix ans après », observe Cédric Gourin.

Élu en 2007 vice-président de la conférence des évêques de France, Hippolyte Simon « a contribué à donner une voix à l'Église ».

Intellectuel ? Certes, mais avec les pieds sur terre, proche des plus démunis. En atteste son combat pour la défense des Roms ou des gens du voyage. Bref, un être humain qui marche dans les pas de son Seigneur et maître, profondément en phase avec ses semblables et son époque, maîtrisant Internet et les nouvelles technologies.

Si certains considèrent le personnage comme un peu froid, il ne faut pas se fier aux apparences... Après trois années d'entrevues régulières, Cédric Gourin avoue avoir été frappé par l'attachement viscéral d'Hippolyte Simon aux gens.

« Il est toujours à l'écoute, prêt à rendre service. C'est quelqu'un d'attachant. »

Car derrière l'homme d'Église, il y a l'homme. Tout simplement. Réservé, volontiers blagueur. Amateur de montagne et marcheur invétéré, comme le rapporte l'auteur... « Il pratique généralement la randonnée les lundis, souvent dans le Cézallier. Un homme qui aime méditer avec ses pieds. »

1 commentaires
  1. João José, le 31 août 2020 à 18:56

    Je veux faire partie de tous ceux qui ont de la tristesse dans leurs coeurs en perdant monseigneur l'archevêque, Simon. En effet il a répondu à ma lettre de détresse, lorsque j'ai perdu mon cher fils, Alexandre en juillet 2013. Ils n'ont pas été nombreux à répondre à mes 32 lettres envoyées. Sa réponse m'a réconforté au moment de la dévastation. Je le remercie encore, ici et lui souhaite d'être en bonne place prés du divin, seigneur, DIEU, qu'il a servi loyalement et représenté si bien auprès de tous ceux qui l'ont côtoyé. Que la paix soit avec vous et vous continuerez dans mon esprit. 31/8/2020

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