Henri Dès : « Mes chansons se transmettent de génération en génération naturellement »
Après bientôt 50 ans de carrière, le chanteur préféré des enfants, des parents et des grands-parents sera en concert à Clermont-Ferrand à la Maison de la culture le dimanche 15 novembre à 16 heures avec « Henri Dès en solo + 1 ».
Vous revenez à Clermont-Ferrand. Comment se veut ce spectacle ?
C'est un plaisir de revenir à Clermont, je suis venu souvent. Depuis un certain temps, je fais un spectacle assez simple, je suis seul sur scène avec un contre bassiste, Fabien Iannone, qui est très bon, et qui s'appelle « Henri Dès en solo + 1 ». Cela dure une heure et quart environ sans entracte. J'ai écrit 250 chansons et j'en choisis 25 environ parmi les plus connus du public. Je commence et les gens chantent avec moi du début à la fin.
C'est dur de faire une sélection où c'est le public qui vous les « impose » un peu ?
On voit comment le public réagit. Il y a des chansons qui sont faîtes pour le spectacle, d'autres moins donc on fait en fonction de cela aussi. Il y a bien sûr des classiques incontournables que je ne peux ne pas chanter donc cela va assez vite. Je pourrais en mettre beaucoup plus car les gens connaissent aussi. Il faut créer un équilibre pour que cela commence et finisse bien et que les gens soient heureux.
Le top 5 c'est quoi ? Les Bêtises à l'école, Petite Charlotte...
Oui. Charlotte, les bêtises à l'école, le gros tambour, la machine, la sorcière de minuit...
Cela fait quoi de chanter pour plusieurs générations ?
On s'en aperçoit depuis un certain temps et j'en suis très flatté. C'est assez rare aussi, il n'y a pas beaucoup d'artistes qui ont devant eux quatre générations. À la sortie du spectacle, je me retrouve devant un monsieur qui a mon âge, avec son fils qui a 55 ans, son petit-fils ou sa fille qui a 30 ans et son arrière-petit-fils ou fille qui a 4 ou 5 ans. Les chansons se transmettent de génération en génération de manière naturelle et j'en suis ravi. Je ne pouvais pas imaginer au début que cela allait faire un truc pareil.
On dit que les enfants s'éloignent des textes ou de la lecture. La chanson vivante et jouer avec les mots cela offre un lien précieux ?
J'ai du mal à analyser pourquoi mes chansons ont un impact pareil et continuent à en avoir un. Ce sont les gens qui me disent : « quand j'étais petit j'écoutais vos chansons ET maintenant j'ai 30 ans, et un enfant qui écoute les mêmes chansons ». C'est un mystère, c'est la façon de chanter, de l'avoir écrite, il y a la voix, la mélodie et ce que je raconte qui fait que cela les touche j'imagine. C'est dur à expliquer. C'est toujours la mélodie qui vient en premier et elle attire à elle quelques mots et c'est le début d'une idée. Cela me tombe dessus sans le savoir. Mais savoir écrire une chanson, cela ne se fait pas tout seul.
Comment vous voyez évoluer les enfants ?
Il y a 30 ans, les enfants je les captivais jusqu'à 8 ou 9 ans et maintenant jusqu'à 6 ou 7 ans maximum. Et après ils reviennent quand ils sont adultes car ils ont gardé en mémoire ce qu'ils ont aimé jusqu'à cet âge-là. C'est un phénomène de la mémoire spéciale de chaque enfant qui absorbe tout à vie. Je sais que les enfants d'aujourd'hui qui écoutent des chansons s'en souviendront encore adulte.
Vous voulez dire qu'ils sont moins longtemps enfants qu'avant ?
Oui. Il y a les réseaux sociaux, ils sont pris par ce genre de choses, ou autre. Ils sont influencés aussi par le grand frère ou la grande sœur qui écoute autre chose, ils ont envie d'être adulte plus vite, moins enfant rapidement. Cela n'empêche pas qu'ils restent des enfants et ce qui est fondamental reste en eux.
Vous avez aussi changé de registre il y a quelques années avec des chansons en version hard rock et un passage au festival Motocultor...
C'était une parenthèse car mon fils Pierrick avait monté un petit groupe de metal et il avait son dernier spectacle dans un festival. Il m'a demandé de venir chanter quatre chansons avec lui avec un arrangement rock-metal. Je l'ai fait, c'était de la folie. On est sortis de là, on s'est regardé et on s'est demandé ce que l'on en faisait. Et bien on fait un petit bout de route avec ça. On a travaillé avec un guitariste et mon fils puis on a fait une tournée que l'on a terminée au Motocultor en Bretagne. C'était aussi de la folie, les gens chantaient tout par cœur. Après Pierrick a voulu arrêter. On a donc passé un très bon moment ensemble. C'était rigolo.
Il y a des écoles qui portent votre nom, vous avez des disques d'or... C'est quoi votre plus grande fierté ?
Le fait de recevoir des disques d'or et des prix c'est toujours agréable et cela vous met en lumière pendant un petit moment mais ma plus grande fierté c'est de me retrouver devant un public de quatre générations et que mes chansons se transmettent naturellement comme ça entre elles.
Réservations sur www.arachnee-concerts.com



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