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Retraite progressive à 60 ans : on vous dit tout

15h29 - 28 avril 2026 - par Info Clermont Métropole
Retraite progressive à 60 ans : on vous dit tout
Le dispositif de retraite progressive est désormais accessible à tous les actifs, et ce, dès 60 ans, sous réserve de conditions... (© Getty Images/iStockphoto). - © Getty Images/iStockphoto

Aménager sa fin de carrière en diminuant son temps de travail tout en bénéficiant d'une fraction de sa pension à venir, c'est désormais possible pour tous les travailleurs dès 60 ans grâce au dispositif de retraite progressive. Voici la marche à suivre.

Si la retraite progressive est peu connue des citoyens, elle existe pourtant depuis 1988 et a déjà été réformée en 2015. Freinée par des conditions d'éligibilité restreintes et peu mise en avant par les pouvoirs publics, elle n'a cependant bénéficié qu'à très peu de travailleurs jusqu'à présent. D'après les chiffres officiels, seuls 27 820 seniors en ont en effet profité en 2023, sur quelque 700 000 personnes qui ouvrent leurs droits à la retraite chaque année. Mais la donne pourrait changer grâce à l'extension du dispositif opérée le 1er septembre 2025.

Conditions harmonisées

Auparavant, l'âge d'accès à la retraite progressive dépendait de votre année de naissance et variait entre 60 et 62 ans. Mais, désormais, il n'y a plus à se poser de question : c'est 60 ans pour tout le monde ! Et alors que le dispositif était essentiellement réservé aux salariés et aux artisans et commerçants, il est dorénavant aussi accessible aux agents publics, aux professions libérales et à l'ensemble des indépendants.

Si tous les actifs sont donc logés à la même enseigne, ils doivent néanmoins avoir déjà une carrière bien remplie pour prétendre à ce dispositif. En effet, il faut avoir cotisé pendant au moins 150 trimestres, soit 37,5 années, pour la retraite, tous régimes de base confondus. Autrement dit, vous devez avoir travaillé de façon continue depuis l'âge de 22 ans pour espérer amorcer une retraite progressive à 60 ans, ce qui n'est pas si évident. Heureusement, les trimestres octroyés au titre de la formation, du chômage ou des enfants sont également pris en compte dans ce calcul.

Un partage au prorata

Si vous êtes éligible, la loi vous permet alors d'aménager votre fin de carrière en réduisant votre activité professionnelle et en bénéficiant en parallèle d'une fraction de votre pension de retraite. Les objectifs et bénéfices sont multiples : préparer une transition en douceur, lever le pied lorsqu'on ne supporte plus son travail ou encore améliorer sa qualité de vie face à un métier pénible. De plus, tant que vous travaillez, vous continuez à cotiser, ce qui permettra d'actualiser le montant provisoire de votre pension le jour où vous souhaiterez prendre pour de bon votre retraite.

Pour autant, il faut bien faire son calcul car l'impact financier immédiat n'est pas négligeable ! Ce dispositif implique en effet de limiter son activité professionnelle à hauteur de 40 à 80 % d'un temps complet. Si vous travaillez à 65 %, vous aurez donc droit à 35 % de votre pension. Sauf que cette fraction de retraite ne compensera jamais entièrement votre perte de rémunération puisqu'une décote sera appliquée en fonction du nombre de trimestres restant à valider avant votre taux plein...

Et justement, pour acquérir ces derniers, il faut afficher un montant annuel minimal de revenus : 1 trimestre correspond ainsi à 1 782 € brut sur une année, 2 trimestres à 3 564 €, 3 trimestres à 5 346 € et 4 trimestres à 7 128 €. Si votre salaire a beaucoup baissé, vous mettrez donc davantage de temps à obtenir votre retraite complète.

La démarche

Quel que soit votre statut professionnel, vous pouvez effectuer une simulation du montant de votre retraite progressive sur le portail officiel Info-retraite.fr. Une fois prêt à vous lancer, la démarche peut se faire à travers une demande unique en ligne sur le site ou par courrier auprès de chaque caisse de retraite auprès de laquelle vous avez des droits. Mais attention aux délais ! Si vous êtes salarié, la procédure doit être effectuée 5 mois avant la date à laquelle vous souhaitez bénéficier du dispositif.

L'accord de l'employeur

Si vous êtes salarié, vous devez obtenir l'accord de votre employeur pour réduire vos heures dans le cadre de la retraite progressive. Il devra d'ailleurs remplir une attestation dédiée que vous devrez fournir lors de votre demande sur Info-retraite.fr. Bien que votre patron puisse refuser votre passage à temps partiel, sachez qu'il devra motiver sa décision en démontrant que vos compétences sont irremplaçables. Or, en pratique, c'est plutôt un dispositif intéressant pour les entreprises puisqu'il favorise une transmission des savoirs, tout en permettant des économies financières grâce à l'embauche de salariés plus jeunes dont les salaires sont forcément moins élevés.

Attention néanmoins : en cas de licenciement, la retraite progressive cesse immédiatement. Quant aux allocations chômage, elles sont alors calculées sur la base du temps partiel et non du temps plein effectué auparavant...

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