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Yvan Charvillat  : "Battre un record d'affluence d'un match féminin dans le département"

09h58 - 02 mars 2026 - par Info Clermont Métropole
Yvan Charvillat  :
Yvan Charvillat, l'entraîneur de l'équipe U18 féminine du Clermont-Foot 63, avec son groupe et son staff.  - © CF63

Le 8 mars, l'équipe U18 féminine du Clermont-Foot 63 reçoit l'Olympique Lyonnais (U19 National) en quart de finale de Coupe Nike U18F. Entretien avec leur coach et le responsable de la section féminine.

C'est la première édition de cette Coupe Nike et vous affrontez l'Olympique lyonnais en quart de finale. C'est historique ?

C'est historique car notre équipe senior féminine, par exemple, dans sa Coupe de France, en 12 saisons, elle n'a jamais dépassé les 16es de finale. Atteindre les 8es de finales d'une coupe, jeune ou senior, cela n'avait jamais été fait. Là on fait 8e et même un quart dans cette nouvelle coupe des jeunes. Cette équipe de l'OL participe au championnat U19 mais comme chez les garçons, ceux qui sont dans l'année d'âge U19 n'ont pas le droit de jouer. Elles jouent dans une catégorie supérieure et l'OL est bien sûr l'une des meilleures équipes de France et d'Europe. S'il y avait une Ligue des Champions des jeunes cette équipe serait dans le carré final.

Y aura-t-il une préparation particulière ?

Non car nous sommes sur une belle dynamique en championnat, avec un rythme intense, donc on va s'employer à trouver les leviers pour vivre le match pleinement et ne pas être dépassé par l'émotion. Il faut être vraiment actrice du match et pas spectatrice. Il y a une chance de passer alors si des joueuses ne sont pas dans le match cela va être compliqué. Il faut vivre le truc et être présent mentalement. Avec le club, nous voulons créer un engouement autour du match avec des animations (stand de maquillage, drapeaux, boutique, entrée avec des enfants…) essayer d'attirer 1 000 personnes, battre un record d'affluence d'un match féminin dans le département et mettre en lumière le beau parcours des joueuses à travers cette belle affiche. Cela peut aussi susciter des vocations car le Clermont Foot 63 accueille des filles à l'essai de moins de 10 ans toute l'année.

Quelles sont les forces de votre groupe ?

La force du groupe U18 réside dans la force de l'apprentissage des erreurs de l'année dernière. Nous avons eu une saison compliquée mais le groupe a su corriger petit à petit au printemps dernier et depuis le mois de mars 2025 est invaincu avec une série de 24 matches sans défaite. Ce groupe est forcément basé sur des qualités individuelles mais au service d'un collectif très fort. C'est l'état d'esprit du collectif qui fait la différence et dans de nombreuses situations difficiles cette année nous a permis de renverser le match. Comme sur deux ou trois matches en championnat avec une performance moyenne mais un résultat derrière. On peut citer la victoire sur le leader Bourg-Péronnas (3-2) en décembre et bien sûr cette victoire aux tirs au but contre Montauban en 8e de finale de Coupe. Et l'élimination d'un club au-dessus de nous le Puy en 16e. L'état d'esprit du groupe est tourné vers l'intérêt général de l'équipe. Dans les moments de doute, on a toujours su passer du bon côté. Ce n'était pas le cas en début de saison dernière. J'ai un groupe constitué à 80 % de joueuses que j'avais l'année dernière donc il y a de la continuité.

Et votre staff ?

C'est déjà très bénévole à part moi qui suis salarié. Nous avons 4 à 5 personnes dédiées à l'encadrement des joueuses, au niveau technique et médical mais aussi sur le suivi scolaire. Pour alimenter cert équilibre tout au long de l'année. Il faut être compétitive en championnat, et au lycée et il y a cette Coupe cette année.

Les joueuses de cette section féminines créée en 2014 viennent d'où ?

Au Clermont Foot 63, un tiers des joueurs sont des joueuses. Nous avons 25 intervenants avec onze équipes qui vont de 5 ans aux Seniors. C'est l'une des seules structures d'Auvergne qui permet une continuité de formation. En Sport études (avec le dispositif la Cité de tous les talents), on a 60 % de joueuses du Puy-de-Dôme et 40 % des autres départements auvergnats car en U18 nous n'avons pas d'internat le week-end. Sur la D3, le complément vient de joueuses de Rhône-Alpes et après de toute la France. Être adossé à la section masculine et professionnelle nous permet d'avoir une aura naturelle en plus de moyens plus importants. La stabilité du club, une vraie stabilité, séduit aussi. Il n'y a pas de folie chez-nous et il y a une structuration avant tout. Le but c'est d'alimenter tous les ans l'équipe seniors de Division 3 entraînée par Quentin Vaillant. Nous sommes un département leader dans l'accueil des jeunes filles d'où le nombre de licenciées qui est important avec plus de 2 000 joueuses. On peut saluer le fait d'être un département moteur avec tous les acteurs et la démocratisation de cette idée que « c'est normal qu'une fille fasse du foot ».

Quelles sont les difficultés pour les jeunes filles dans la pratique du football ?

Jusqu'à 15 ans, chaque fille peut jouer avec les garçons dès l'instant où les clubs sont prêts à accueillir des féminines. Qui parfois peuvent être de très bonnes joueuses et donc jouer avec les garçons ou parfois avoir un niveau totalement différent donc c'est plus dur de les intégrer. Il faut adapter en sous classant les catégories. Nous sommes un département leader dans l'accueil des jeunes filles d'où le nombre de licenciées qui est important avec plus de 2 000 joueuses. La difficulté, c'est l'existence d'énormément de sections différentes qui sont du coup concurrentes les unes des autres. Mais on peut saluer le fait d'être un département moteur avec tous les acteurs et la démocratisation de cette idée que "c'est normal qu'une fille fasse du foot". C'est portée par les institutions et les mairies nous sommes moteurs dans le Puy-de-Dôme. Et nous sommes heureux d'avoir été accompagnés et de participer à cette normalité qu'une fille puisse faire du foot.

Il y a 20 ou 25 équipes que de 9 ans féminines ou de 11 ans féminines dans le département. On arrive à faire des plateaux. On a fait un plateau avec 20 équipes de U9 et U11 féminines un samedi matin.

L'important c'est de trouver la structure près de chez-soi qui permet la triangulation école-famille-sport. C'est aussi l'aménagement des rythmes scolaires où quand on veut aller vers une formation plus efficace sans mettre en péril l'aspect scolaire, il faut s'entraîner souvent et trouver les bons créneaux. C'est là à travers le dispositif Sports-études avec la Cité de tous les talents, nos joueuses s'entraînent 4 fois par semaine avec des horaires aménagés. Elles finissent les cours à 15 heures pour s'entraîner ensuite.

Là on est plus dans le football loisirs…

On veut essayer que notre équipe de Division 3 soit alimentée au minimum un quart de joueuses qui sort du sport études. Là nous avons un tiers, 8 joueuses sur 24, en D3 qui sont issus du sport études.

Dimanche 8 mars à 15 heures. Entrée gratuite. 

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