Anne Frackowiak-Jacobs : "L'envie de vite m'approprier ce beau territoire et d'être utile"
Après 2 ans et demi passés dans le Puy-de-Dôme, Joël Mathurin prend la direction de l'ANTAI (Agence nationale de traitement automatisé des infractions). Anne Frackowiak-Jacobs, ancienne préfète de la Creuse, l'a remplacé le 12 janvier.
Le service public et l'amour du territoire. Voilà en préambule de sa présentation à la presse locale, le mardi 13 janvier dernier en Préfecture, les convictions portées par la nouvelle préfète du Puy-de-Dôme.
"Je suis tombée dans le service public quand j'étais petite avouait-elle. Je suis issue d'une famille polonaise, mon père était enseignant. Il l'est devenu car un jour un instituteur l'a poussé vers les études et pas vers la mine. J'ai toujours entendu dire qu'il fallait rendre à la République ce qu'elle nous a donné. J'essaye depuis presque 40 ans. Mon second guide, c'est celui des territoires. Ce qui m'a passionné ce sont les territoires avec des postes dans des régions très différentes."
Originaire du Pas-de-Calais, Anne Frackowiak-Jacobs a été Directrice de cabinet des préfets de la Vienne, de la Mayenne, de Poitou-Charentes, sous-préfète des Alpes-Maritimes, de la Manche, de Côte-d'Or, de l'Eure et elle a aussi occupé le poste de préfète déléguée à l'égalité des chances dans l'Essonne avant sa nomination à Guéret.
Elle passe d'un département rural à un territoire lui aussi agricole et d'élevage, avec une économie qui se porte bien et un tissu urbain plus dense qu'en Creuse.
"J'arrive dans un département magnifique, avec une diversité de paysages et de sujets expliquait la préfète. C'est une petite France. J'ai envie de rapidement me l'approprier, d'être utile et de trouver des solutions aux différents problèmes avec les acteurs du territoire."
L'eau et le narcotrafic
La gestion de l'eau et la lutte contre le narcotrafic seront ses priorités pour le département. Son prédécesseur avait fait de la préservation de l'eau son cheval de bataille mais n'a pas eu le temps de tout régler.
"Le Massif central est le château d'eau de la France on a coutume de dire mais cette ressource est de plus en plus fragile. J'ai connu ce problème en Creuse avec un système de gouvernance de l'eau similaire, une faiblesse des acteurs pour faire les travaux de réfections nécessaires, avec un réseau composé de fuites. Il faut trouver des solutions avec les différents acteurs du territoire comme le monde thermal, le monde agricole ou les eaux de Volvic par exemple pour rationaliser cette gestion et pour que dans les années futures l'eau reste de bonne qualité. Ce sera un enjeu futur majeur."
Autre sujet plus que chaud, le Narcotrafic. Dès le lundi 12 janvier, la préfète s'est rendue aux côtés de la BAC dans les quartiers clermontois. Passée par l'Essonne (Évry, Grigny...), elle connaît bien ces problèmes.
"Je salue le travail de Joël Mathurin dans ce domaine. En 2025, plus de 450 kg de stupéfiants ont été saisis dans le département et plus de 1 000 interpellations ont été faites. Je serai dans sa continuité. Je me suis entretenu avec le procureur et je note une collaboration efficace des acteurs de la sécurité à ce sujet dans le Puy-de-Dôme. Il faut continuer à travailler. On sera intransigeant, également sur la consommation car chaque euro dépensé pour les stupéfiants sert à la violence, à l'extorsion de fonds et à l'armement. Sans parler de l'impact sur la sécurité routière et les accidents. Même en milieu rural, en Creuse, il y a une guerre des territoires avec Limoges. Cela n'épargne aucune zone géographique."
Du bleu sur les routes, la préfète continuera d'en mettre comme le voulait Joël Mathurin. "Souvent, les contrôles routiers permettent de remonter la piste de cambriolages ou de trafic" rappelle la préfète.
Maîtrise agricole
Venue de Creuse, l'agriculture et la ruralité, Anne Frackowiak-Jacobs connaît.
"Je connais bien ce monde, les céréaliers et les betteraviers de l'Eure, les laitiers de la Normandie... et ici on a presque tout. J'ai toujours bien travaillé avec les acteurs de ce secteur. J'essayerai au plus vite d'aller dans des exploitations agricoles et aussi de rencontrer les syndicats. Je sais leurs revendications actuelles et je comprends les inquiétudes au sujet du Mercosur, et de la dermatose nodulaire. Un abattage c'est un drame absolu, je comprends. J'espère que la politique menée va éradiquer la maladie qui s'est propagée aussi avec des déplacements illégaux. Je connais la spécificité du monde rural même si, ici, dans le Puy-de-Dôme, j'ai besoin de travailler sur le sujet des céréales car c'est plus lointain pour moi."
Et enfin, comme en Creuse, le problème ferroviaire est similaire à celui de l'Auvergne...
"Je sors du POLT (Paris-Orléans-Limoges-Toulouse) et j'arrive sur le Clermont-Paris. On sait que cela ira mieux, il faut être patient, encore. Je suis préfet coordinatrice sur l'ensemble de la ligne et je rencontrerai l'ensemble des acteurs concernés."
Train, drogue, élections, agriculture... l'année 2026 devrait être copieuse pour la nouvelle préfète.



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